Au moins 4.000 Nigérians, réfugiés au Niger, sont rentrés chez eux, à Malam fatori, dans l’Etat du Borno, situé au nord-est du pays. Jeudi 28 avril, les humanitaires ont affirmé avoir de craintes que ce retour cause davantage de victimes et de déplacés dans cette région en proie à la violence djihadiste depuis plus de 10 ans.
Les ONG s’inquiètent également sur l’inexistence des services et d’infrastructures de base. « Il n’existe aucune route sûre pour accéder à la ville. Nous sommes inquiets d’un rapatriement trop hâtif vers Malam Fatori », a déclaré Camilla Corradin, porte-parole du Forum des ONGI du Nigeria.
Pour elle, ce retour représente un risque pour les populations. Elle indique que ce retour « pourrait ne pas être durable et nuire aux rapatriés, mais aussi provoquer d’autres déplacements ultérieurs ».
Une haut responsable humanitaire basée dans la région, sous anonymat cité par l’AFP, souligne que l’accès à l’eau potable à Malam Fatori est limité. Et que « le seul point d’eau se trouve dans la base militaire ».
Dans un communiqué, les autorités nigérianes ont déclaré « avoir donné de l’argent et de la nourriture aux réfugiés et construit des abris, des salles de classe et un centre de soins ». Mais les humanitaires estiment que « les réfugiés vivent littéralement dans un camp de concentration.
« Ils sont maintenus dans la ville, sans accès aux besoins de base, et ils ne peuvent pas en sortir », a dit une source.
La violence djihadiste dans le nord du Nigeria a, depuis 2009, fait près de 40.000 morts. Et plus de deux millions de déplacés. Plusieurs milliers d’entre eux se sont installés dans la région de Diffa, dans le sud-est du Niger voisin. Mais les groupes djihadistes se sont étendus jusqu’au Niger.
Dinho Kazadi

