Au Burkina Faso, l’armée va réorganiser ses unités combattantes pour récupérer les territoires perdus ces dernières années aux groupes djihadistes, dont la violence ne cesse d’augmenter. C’est ce qu’a annoncé le général Barthélemy Simporé, ministre burkinabé de la Défense lors d’une conférence de presse ce vendredi 12 août.
Selon lui, le gouvernement a un plan d’équipe d’équipements très ambitieux qui va permettre de contrôler l’ensemble du territoire sur le plan terrestre et sur le plan aérien.
« Une réorganisation territoriale des unités est en cours, dans le but de consolider le maillage territorial et de créer des verrous dans certaines espaces plus ou moins libres à la circulation des groupes armés terroristes », a déclaré le ministre.
Il martèle que l’armée burkinabè est en train de monter en puissance non seulement dans sa réorganisation et dans son équipement. « L’objectif, c’est de densifier progressivement le maillage, afin de réduire les capacités de mobilité des groupes armés terroristes et protéger les zones qui ne sont pas encore menacées », a-t-il expliqué.
D’après lui, l’approche à ce niveau est articulée sur cinq piliers : « Il y a d’abord la réorganisation opérationnelle des actions militaro-sécuritaires. Le renforcement de la coopération militaire et de nos partenariats stratégiques. L’opérationnalisation des réponses structurelles de la sécurité nationale ».
Le Burkina Faso, où des militaires ont pris le pouvoir en janvier en promettant de faire de la lutte anti-jihadiste leur priorité, est confronté comme plusieurs pays voisins à la violence de mouvements armés djihadistes affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique, qui y ont fait depuis 2015 des milliers de morts et quelque deux millions de déplacés.
Le nord et l’est du Burkina sont les deux régions les plus touchées par les attaques djihadistes, mais les autres régions ne sont pas pour autant épargnées.
Plus de 40% du territoire du Burkina est hors du contrôle de l’Etat, selon des chiffres officiels.
La situation sécuritaire ne s’est pas améliorée depuis le putsch du lieutenant-colonel Damiba et les attaques attribuées aux groupes jihadistes se sont même multipliées ces derniers mois, visant indifféremment civils et militaires.
Entre le 4 et le 10 août, une quarantaine de personnes, dont une vingtaine de soldats, ont été tuées lors de diverses attaques attribuées aux djihadistes armés dans le nord du Burkina Faso.
La Rédaction

