Au Burkina Faso, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) a suspendu ses activités à Djibo, encerclée par des groupes djihadistes, pour des raisons sécuritaires depuis lundi 21 octobre.
Selon la presse locale, c’est après des incidents ayant notamment visé les centres de santé et les locaux de l’organisation. Dans son compte X, l’ONG explique que cette décision fait suite aux incidents récurrents visant les centres de santé, les points de distribution d’eau, et même leurs locaux.
« Nous avons besoin de conditions de sécurité adéquates pour permettre à nos équipes de poursuivre leur mission et d’apporter du soutien aux communautés piégées par l’insécurité et la violence », a dit Moussa Ousman, responsable des programmes Afrique de l’Ouest et centrale pour MSF.
Depuis 2015, le Burkina Faso est confronté à des attaques de groupes djihadistes qui ont fait plus de 26.000 morts civils et militaires, dont 6.000 depuis le début de l’année, selon l’ONG Acled qui recense les victimes de conflits dans le monde. Plus de deux millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays. Elles dépendent majoritairement de l’aide des organisations humanitaires.
Selon des estimations de l’ONG, chef-lieu de la province du Seno, Djibo accueille de nombreux déplacés internes. Sa population est passée de 60.000 habitants à plus de 200.000 en cinq ans. En fait, à Djibo, MSF compte une quarantaine d’employés. L’ONG est présente dans plusieurs régions du pays.
Depuis plus de deux ans, les groupes djihadistes encerclent cette ville proche de la zone dite des trois frontières entre Niger, Burkina et Mali, et y font des incursions. Le bureau de MSF à Djibo avait été visé par des tirs qui avaient détruit les points d’approvisionnement en eau fournis par l’organisation.
Josaphat Mayi

