«C’est incompréhensible …que le Conseil de sécurité ait décidé de mettre ce rapport dans un tiroir» Denis Mukwege.

Dans une interview accordée à RFI jeudi 1er octobre, le Docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, revient sur le rapport “Mapping”, dix ans après.

Ce rapport, publié en 2010 par le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a recensé, en un an, 617 crimes de guerre, crimes contre l’humanité et de possibles crimes de génocide.

Depuis sa publication, aucune action d’envergure n’a été entreprise ni par la Communauté internationale, ni par les autorités congolaises.

Pour le Docteur Denis Mukwege, dix ans après, il a “un sentiment mitigé. Mitigé, puisque c’est incompréhensible que la Communauté internationale ait lu ce rapport et que le Conseil de sécurité ait décidé de mettre ce rapport dans un tiroir. Pour moi, c’est incompréhensible et cela pose la question : «Quel monde nous voulons construire demain?» Je pense les crimes qui sont considérés comme des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, des crimes de génocide, le monde ne devrait pas se taire, puisque nous sommes tous concernés. Et le jour où nous gardons silence par rapport à ces crimes, nous savons tout simplement que nous ouvrons largement la porte pour que ce type de crimes puissent continuer. De l’autre côté, le fait que le peuple congolais se mette debout, pour demander que le gouvernement congolais puisse prendre ses responsabilités par rapport à ces crimes, pour permettre aux Congolais de faire leur deuil, je crois que cette évolution de la population congolaise est très, très encourageante”.

Le prix Nobel de la paix 2018 estime que le moment est venu pour que le président Félix Tshisekedi, “qui a les mains propres par rapport à toutes ces violations graves des droits de l’homme” puisse entreprendre des actions dans le sens d’établir les responsabilités et que des sanctions soient prises. «Le fait qu’il ait demandé à ce que son gouvernement puisse travailler sur le dossier de la justice transitionnelle peut permettre à certaines personnes qui vivaient dans la peur de sentir qu’il y a un espoir, il y a un dirigeant qui veut faire bouger les lignes», a déclaré le Docteur Mukwege. Le prix Nobel de la paix réclame justice et la fin de l’impunité. Tout récemment, il a encore été menacé de mort pour ses positions en faveur des poursuites contre des responsables des guerres, massacres et crimes commis en RDC, dont une grande partie des crimes sont recensés dans le rapport « Mapping ».

Lire aussi :  Présidentielle en RDC : pourquoi Denis Mukwege a refusé de s’allier à Moïse Katumbi ?

Jacques Matand’

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