Coronavirus: Peter Komondu’a offre le slam comme thérapie collective

«Qui a dit que le slam était un genre triste? Je vous assure qu’on peut danser sur du slam, on peut aussi bien faire de la rumba avec du slam», rigole Peter Komondu’a, slameur congolais, auteur-compositeur.

Cet artiste remonte sur scène vendredi 28 août et utilise le slam pour résister en cette période où plusieurs personnes vivent sous la psychose du Coronavirus. «L’idée de remonter sur scène, c’est comme une thérapie collective vis-à-vis de la peur qui passe par les médias durant cette période de la Covid-19. Il faut faire quelque chose pour ne pas devenir fou avec les informations qu’on entend sur la pandémie et les dégâts qu’elle cause dans le monde» explique Peter Komondu’a, qui fait du slam de manière professionnelle depuis plus de six ans.

Le slam, ce genre artistique se répand de plus en plus à Kinshasa et est parfois considéré comme une musique venue d’ailleurs. Pour Peter Komondu’a, “le slam a toujours fait parti du patrimoine musical et culturel congolais. Seulement, qu’on l’a pratiqué sans pour autant l’appeler slam” explique l’artiste.

«Franco Lwamba Makiadi était un grand slameur et c’est même un des précurseurs. Alain Moloto, a fait du slam. Ce sont des précurseurs du slam en RDCongo. Seulement ce qu’ils faisaient ne s’appelait pas encore slam», poursuit l’auteur compositeur.

Pour Peter Komondu’a, la scène slam est un alibi. Alibi pour échapper à la prison psychologique de la peur face au coronavirus. Il le fait mieux avec des textes longs.

Un extrait de l’un de ses textes.

«Molimo na ngai etonda mawa, Na bombaka’ngo sima ye pele. Parfois, je bois pour oublier, parfois je bois pour, de tout me rappeler.

Ma plaie du coeur est béante comme la Mine de Mirny. J’ai grandi sans père. Verai-je mes gosses grandir? La mort s’insinue en moi. Et pourtant, je ne suis pas prêt à partir. Ma chère est toute verte. J’ai encore deux ou trois choses à maudire.

Il me faut deux vies pour expier mon fleuve d’inquiétudes. Quand tu me serres la main, souviens-toi que naza mosantu te. Je suis perdu quelque part entre le diable et le bon Dieu. Moi j’ai peur d’aller en enfer. Et le paradis me semble trop luxueux ». (Extrait du titre Molimo, la sortie prochaine).

Jacques Matand’

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