Des milliers d’Ethiopiens originaires de la région du Tigré, en proie à un conflit armé depuis un an, ont été illégalement emprisonnés et violentés à leur retour en Éthiopie après leur expulsion de l’Arabie Saoudite. C’est l’alerte faite par l’Ong Humain rights watch (Hrw) dans un rapport publié ce mercredi 5 janvier.
Selon Hrw, ces Tigréens ont été expulsés d’Arabie Saoudite entre décembre 2020 et septembre 2021, une période au cours de laquelle des dizaines de milliers de migrants ont été renvoyés en Ethiopie dans le cadre d’un accord entre les deux pays. Une fois arrivés en Éthiopie, certains ont été isolés et détenus et d’autres ont été empêchés de retourner au Tigré, a rapporté la même source.
L’Ong révèle qu’ils ont tout d’abord été identifiés lors de contrôles routiers ou dans les aéroports. Puis transférés dans des structures de détention. « La détention par les autorités éthiopiennes de milliers de Tigréens expulsés par l’Arabie Saoudite sans que leur famille ne soit informée de leur arrestation ou de leur localisation équivaut à de la disparition forcée, ce qui viole également les lois internationales », a indiqué Hrw.
Les Etats-Unis et leurs alliés ont appelé l’Ethiopie à mettre fin aux détentions arbitraires de ses citoyens, dont les Tigréens sur fond de considération ethniques en fin 2021.
Depuis novembre 2020, les forces éthiopiennes et les rebelles tigréens s’affrontent dans le nord de l’Ethiopie. Des affrontements, qui ont fait des milliers de morts et plus de deux millions de déplacés, d’après les Nations unies. Selon la même organisation, des centaines de milliers d’Ethiopiens dans des conditions proches de la famine.
Mervedie Mikanu

