L’artiste engagé Delcat Idengo, connu pour ses textes pointus contre le gouvernement, a été assassiné par un élément du M23-AFC, selon un rapport de Human Rights Watch publié ce mercredi 12 mars.
Dans son rapport, l’ONG apporte des informations impliquant les rebelles de l’AFC/M23 dans ce meurtre. Le texte précise que les rebelles avaient débarqué au domicile de l’artiste avant de le fusiller.
« Les témoignages audio et vidéo que Human Rights Watch a examinés indiquent que, lorsque des jeeps sont arrivées chez Delcat Idengo, ce dernier a tenté de s’enfuir et des hommes armés l’ont abattu. Des experts médico-légaux indépendants ont conclu que ce dernier semble s’être protégé la tête avec ses bras lorsqu’on lui a tiré dessus », indique le rapport de HRW.
En fait, les images du corps sans vie d’Idengo étaient devenues virales sur les réseaux sociaux. Il avait été abattu par un agent du M23 au lendemain de la sortie de sa chanson, où il dénonce l’activisme du M23, mais aussi la gestion du président Tshisekedi. Dans son texte, il s’est livré à une diatribe, comme dans ses habitudes, contre le gouvernement et les rebelles qu’il qualifie « d’envahisseurs ».
Delphin Katembo Vinywasi était connu pour ses critiques envers le président Tshisekedi. En 2021, il a connu un procès et une condamnation à 10 ans de prison ferme pour outrage au chef de l’Etat, démoralisation de l’armée et incitation à la révolte. Après deux années en détention, il a obtenu une liberté provisoire sur décision de Félix Tshisekedi après revendication de la population pendant la campagne électorale.
A la prise de Goma par les rebelles du M23 et les troupes rwandaises, Idengo faisait partie des évadés de la prison de Munzenze. Quelques minutes après son meurtre à Goma, les réactions ont afflué sur les réseaux sociaux. Des vidéos de sa mort avaient inondé la toile, montrant tout son corps ensanglanté avec des graves blessures.
Pour Human Rights Watch, les vidéos montraient le corps d’Idengo Delcato en pantalon militaire. L’ONG affirme que les informations concernant les vêtements qu’il portait lorsqu’il a été tué sont contradictoires.
« Les médias ont rapporté que Delcat Idengo tournait un clip de musique lorsqu’il a été abattu. Certaines photos prises après le meurtre et diffusées sur les réseaux sociaux le montrent en pantalon de camouflage de style militaire ; d’autres le montrent portant un pantalon blanc avec un drapeau congolais brodé. Cela suggère que quelqu’un a changé le pantalon de Delcat Idengo après qu’il a été tué. Aucune arme n’est visible sur les photographies », conclut le rapport de HRW.
Josaphat Mayi

