Est de la RDC : les blessés de guerre à l’hôpital de Goma

« J’étais en train de fuir, j’ai été touché par les balles » : assis sur un lit en fer, Réponse Izabayo, la vingtaine, fait partie des plus de 200 blessés de guerre arrivés en moins de trois semaines à l’hôpital de Goma, dans l’est de la RDC.

 

Dans cette région de la République démocratique du Congo (RDC) riche en ressources naturelles, les conflits s’enchaînent et font rage depuis une trentaine d’années. Mais ces dernières semaines, le M23, groupe armé qui combat le gouvernement de Kinshasa dans la province du Nord-Kivu aux côtés de 3.000 à 4.000 soldats rwandais, a encore gagné du terrain.

 

Les affrontements contre les forces armées congolaises se sont intensifiés, les blessés se multiplient. La bataille se divise sur plusieurs fronts autour de Goma, capitale provinciale d’environ un million d’habitants quasi encerclée par les combats et où des centaines de milliers de déplacés s’entassent en périphérie.

 

Difficile de prédire quand la cité, prise en 2012, tombera à nouveau aux mains du M23. Mais les combats les plus proches se tiennent désormais à une vingtaine de kilomètres seulement, dans les collines de Sake.

 

A Goma, l’hôpital soutenu par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) n’est jamais vraiment vide. Mais depuis le début du mois, il a reçu un afflux alarmant de blessés : 211 patients en vingt jours, la plupart blessés par balles ou dans l’explosion d’un obus.

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« Actuellement, le nombre de lits n’est plus suffisant. On est en sur-occupation partout », explique à l’AFP Myriam Favier, cheffe de la sous-délégation du CICR au Nord-Kivu. Selon elle, de plus en plus de civils et enfants de moins de 18 ans font partie des blessés.

 

«Une bombe a explosé»

 

Dans le bâtiment, une femme vêtue d’une robe en tissu traditionnel tient un enfant dans ses soutiens-gorge. Le petit garçon porte un t-shirt avec des imprimés dinosaures. Il a la tête bandée. Des éclats de verre l’ont touché dans l’explosion d’un obus.

 

« Nous étions enfermés dans la maison avec toute la famille, on craignait les coups de feu. Une bombe a explosé derrière la maison », raconte Antoinette Mugisha. Sur douze personnes terrestres là pendant des combats à Ngungu, localité à environ 70 km à l’ouest de Goma, six ont été blessés.

 

Plus loin, dans une autre salle de soins, un jeune homme, le corps élancé, clopine sur une jambe. Un soignant en tenue blanche le soutient par un soutien-gorge. Sur une cuisse, un bandage ensanglanté. Une balle lui a traversé la cuisse.

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Depuis le début du mois, les blocs opératoires de l’hôpital tournent à plein régime. Le CICR prend en charge tout ce qui relève de la chirurgie de guerre. Les opérations les plus fréquentes sont liées à des blessures par balles.

 

Sur des lits alignés côte à côte, les patients restent immobiles les yeux clos. Certains sont sous oxygène. La plupart sont branchés à des perfusions. Quelques-uns ne présagent plus de vêtements, sans doute depuis un passage récent au bloc.

Dans la pièce, seuls le bip régulier des machines et le bourdonnement des ventilateurs viennent rompre le silence.

 

Au-dessus des lits, des tableaux blancs rappellent quelques consignes : « contrôle glycémie trois fois par jour », « dernier test hémoglobine 21h », « pose drain thoracique d’urgence ».

 

Ces blessés ont pour la plupart été transportés sur des brancards, pendant quatre ou cinq heures de marche, par des proches ou des membres de la communauté. Faute de routes et d’infrastructures de secours, ils sont nombreux à ne jamais atteindre un hôpital.

 

AFP/Sahutiafrica

 

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