Les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont, lors des opérations de bouclage, interpellé près de 300 personnes à Goma lundi 12 mai, selon des sources locales.
Des sources, citées par la radio onusienne, rapportent que ces interpellations ont eu lieu dans les quartiers Kaduki, Kyambali à Sake, dans le groupement Kamurhonza. Les rebelles ont procédé aux arrestations dans plusieurs quartiers densément peuplés du nord de Goma. Il s’agit de Buhene, de Don Bosco, de Virunga, de Katoyi, de Kilijiwe et de l’Office 1.
Pourtant, les rebelles du M23 font état de 283 personnes arrêtées, dont dix-huit présumés militaires Fardc, neuf éléments de la police, trente-quatre Wazalendo et dix-sept présumés membres des FDLR. Ils indiquent avoir interpellé quinze personnes suspectées de criminalité, alors que 181 individus ont été présentés comme des ressortissants rwandais en situation irrégulière, détenant illégalement des cartes d’électeur congolaises.
Si les rebelles justifient ces opérations par des raisons sécuritaires, arguant vouloir débusquer tous les détenteurs d’armes à feu, la population parle d’un recrutement forcé de jeunes. Dans un communiqué, le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) a dénoncé l’enlèvement de l’un de ses membres. Pour la Lucha, ces genres d’opérations de chasse à l’homme ont, par le passé, conduit à des enrôlements forcés dans le rang de la rébellion et à des assassinats ciblés des voix de la paix.
« Nos inquiétudes sont également renforcées par le climat de terreur permanente qui règne actuellement à Goma et dans d’autres zones sous occupation de la rébellion et de ses soutiens rwandais. Chaque jour, des corps sans vie sont découverts ou des personnes sont abattues, sans qu’aucune enquête sérieuse ne soit menée pour identifier ou arrêter les auteurs de ces crimes », a déploré ce mouvement citoyen.
Si les armes se sont tues ces derniers jours dans l’est de la RDC, la situation sécuritaire demeure toujours volatile. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), le taux de criminalité dans la ville de Goma et le territoire de Nyiragongo ne cesse d’augmenter depuis leur occupation par le M23.
La Rédaction

