Malgré les dénégations de Kigali, les experts onusiens ont, dans un Conseil de sécurité lundi 19 juin, attesté le soutien actif du Rwanda au M23. Selon leur rapport, les forces rwandaises ont renforcé les rangs du M23 pour contrôler des points stratégiques.
Dans ce rapport, des officiers rwandais, impliqués dans les organisations des opérations sur le sol congolais, sont cités. Il s’agit notamment du général James Kabarebe, conseiller défense et sécurité du président Paul Kagame, qui a conçu et coordonne ces opérations baptisées Nord-Kivu ».
En fait, l’objectif de Kigali est de renforcer le M23 pour sécuriser des sites miniers et décimer les rebelles FDLR, qui coalisent avec l’armée congolaise selon le Rwanda, renseigne les experts onusiens.
D’après eux, les troupes de l’armée rwandaise (RDF) ont mené des opérations contre les FDLR et contre le groupe armé Rud-Urunana, dans le but de « neutraliser » le « colonel » des FDLR Protogène Ruvugayimikore (alias Ruhinda et mi-décembre 2022, le chef du Rud-Urunana, le « colonel » Gavana, aurait été tué lors d’une opération menée par les RDF).
Cette source indique aussi que des entretiens, des photos ou des images aériennes attestent la présence de soldats portant l’uniforme rwandais entre novembre et mars dans les territoires du Rutshuru, du Masisi et du Nyiragongo. Ils présentent aussi des preuves de la présence des forces rwandaises à la frontière dans des villes congolaises occupées par le M23, mais aussi une vidéo montre une colonne de vingt-cinq soldats identifiés comme appartenant à l’armée rwandaise lors de la prise de Kiwanja.
Toujours selon cette source, un ordinateur portable contenant des notes en anglais et en kinyarwanda est retrouvé avec des informations sur l’équipement militaire et détaillant les noms et les grades de soldats et de commandants soupçonnés d’appartenir à l’armée rwandaise et envoyés en mission.
Mais Kigali a toujours nié ces allégations, alors que Kinshasa l’accuse de l’agresser à travers le M23, accusé de massacre de civils à Kishishe et Bambo. Depuis la résurgence de cette rébellion, les relations entre la RDC et le Rwanda, qui oscillent entre tiède et volcanique, naviguent sur les eaux troubles et s’accusent mutuellement.
Malgré un sommet de l’organisation Est-Africaine et le déploiement de sa force, le M23 ne s’est pas retiré de ses positions, d’après le rapport d’experts onusiens, qui parlent un retrait de façade. Ils affirment que ce mouvement a enregistré des nouvelles recrues et compte un effectif de près de 3.000 hommes.
Dans la foulée, Washington a appelé Kigali à retirer ses troupes immédiatement dans l’est de la RDC, mais aussi à cesser de soutenir le M23. Pour les Etats-Unis, l’armée congolaise doit aussi cesser sa collaboration avec les rebelles FDLR.
Trésor Mutombo

