Au moins 70 personnes sont mortes en l’espace de deux jours au Soudan, déchiré par la guerre entre l’armée et les Forces paramilitaires de soutien rapide (FSR).
Selon un communiqué du réseau de Cellules d’intervention d’urgence, vingt corps carbonisés ont été découverts après un raid aérien sur Khartoum. Les corps de quatre enfants y figurent. Cette structure de bénévoles fait aussi état de vingt-sept personnes blessées, dont des femmes et des enfants.
Dimanche, près de trente-et-une personnes ont été tuées dans une frappe aérienne de l’armée sur une mosquée à Wad Madani, ville située dans le centre du Soudan. Le Comité de résistance local, qui a livré l’information, renseigne que « l’attaque a eu lieu après les prières du soir dans cette localité de l’Etat d’Al-Jazira ».
Si la moitié des victimes n’ont pas été identifiées, les secouristes tentent d’identifier des dizaines de restes de corps carbonisés et mutilés. Le Comité accuse l’armée d’avoir utilisé des barils remplis d’explosifs.
De son côté, le Comité de résistance de la ville de Rufaa, située à 50 kilomètres au nord de Wad Madani, indique qu’aumoins vingt personnes avaient été tuées dans des attaques des paramilitaires dans plusieurs villages du secteur depuis dimanche.
Les FSR contrôlent l’Etat agricole d’Al-Jazira depuis fin 2023. Mais l’armée a annoncé, dimanche, la défection d’Abou Aqla Kaykal, commandant de FSR, qui a rejoint l’armée. D’après un porte-parole du général Abdel Fattah al-Burhane, M. Kaykal et les autres personnes l’ayant suivi bénéficieraient d’une amnistie.
La nouvelle a suscité la colère des hommes d’Hemedti. Déchaînés, ils ont tiré au hasard dans l’air et forcé les civils à transporter des marchandises pillées, selon une source citée par l’AFP. Le Comité de résistance local accuse les FSR d’avoir mené des opérations contre des civils sans défense pour se venger de la défection d’Abou Aqla Kaykal.
Selon l’Observatoire central des droits humains, groupe de bénévoles, au moins sept villes et villages du secteur avaient été touchés par des attaques vengeresses en violation de tous les accords visant à protéger les civils et du droit international humanitaire. En fait, les belligérants ont été accusés de crimes de guerre pour avoir visé des civils et bloqué l’aide humanitaire.
Entre-temps, les armes continuent de résonner dans le pays. Citée par l’AFP, une source paramilitaire a confié que les FSR ont repoussé une tentative de l’armée de reprendre la ville de Tamboul, située à 75km au nord de Wad Madani.
Depuis avril 2023, le Soudan est déchiré par un conflit sanglant et meurtrier sur fond de différends entre le chef de la junte et son ex-numéro 2. Si les FSR ont pris en grande partie le contrôle de Khartoum au début du conflit, l’armée a regagné de larges secteurs de la ville voisine d’Omdourman. Ces dernières semaines, elle se bat pour prendre des quartiers de Khartoum après que le gouvernement a été forcé à se réfugier à Port-Soudan, dans l’est du pays.
Pour l’heure, les pourparlers de paix n’ont pas abouti. Le général al-Burhan campe sur sa position et veut aller jusqu’au bout. La guerre a déjà fait des dizaines de milliers de morts. Selon les Nations Unies, plus de dix millions de personnes se sont déplacées pour fuir les combats.
La Rédaction

