Au moins huit employés de la mine d’or de Samira ont été tués dans une attaque dans la région de Tillabéri, dans l’ouest du Niger, ont annoncé des sources locales mardi 13 mai.
Vendredi dernier, un engin explosif improvisé (EEI) a détruit leur véhicule. L’attaque s’est produite dans un contexte de tensions croissantes dans la région des trois frontières, où convergent le Niger, le Mali et le Burkina Faso. Cité par l’AFP, un habitant de Farié, localité proche du site de l’explosion, indique que le véhicule transportait des travailleurs de la mine de Samira et faisait partie d’un convoi sous escorte militaire en direction de Niamey.
Amadou Arouna Maiga, coordonnateur de l’association «Union Tillabéri pour la paix et la sécurité» a confirmé le bilan tragique à une chaîne de télévision privée. Un quotidien local a même évoqué un nombre de victimes supérieur à dix.
La mine d’or de Samira, exploitée par la Société des mines du Liptako (SML), est un site économique majeur pour le Niger. Cependant, sa situation géographique en fait une cible privilégiée pour les groupes armés. Cette nouvelle attaque rappelle les dangers auxquels sont confrontées les populations locales et les entreprises opérant dans cette zone instable.
En mai 2023, une patrouille militaire escortant un convoi de ravitaillement avait déjà été touchée par un engin explosif près de Samira, tuant sept soldats nigériens. En 2021, des employés d’une société minière avaient été enlevés avant d’être libérés plusieurs mois plus tard.
Le gouvernement nigérien, issu d’un coup d’État en juillet 2023, a déployé des renforts militaires dans la région dans le cadre de l’opération « Niya » (Volonté). Le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani, s’est même rendu à Samira en février dernier pour témoigner de son soutien aux troupes et inspecter les installations minières.
Cependant, la menace jihadiste persiste, non seulement dans l’ouest du pays, mais également dans le sud-est, où Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) mènent des attaques régulières.
Ephraïme Kafuti

