On manque de tout (Carnet de Christian Gombo) 

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Chez moi, on manque de tout, ni fourchettes, ni cuillères, ni couteaux, ni assiettes, ni chaises, ni tables, ni casseroles, ni marmites, ni cuisiniers ou cuisinières étoilés, et c’est par terre qu’on mange, à même le sol, on ne prend même pas le risque de manger avec les mains, elles sont coupées où c’est le plus important (Dans la tête), tout ceci c’est la faute à Léopold Sedar…Non ! C’est la faute à Léopold II !

Le premier et éternel proprio du pays qui pisse sur nous toujours depuis l’au-delà, et comme sa pisse ou son pipi de l’au-delà ne peut plus nous atteindre parce qu’il est toujours bien vivant parce que les morts ne sont jamais morts chez nous alors que les vivants que nous sommes, sommes plus que morts, oui, on est mort même depuis longtemps, depuis très longtemps, depuis avant que Léopold II et sa bande de masturbateurs idéologiques n’apprennent à pisser sur nous comme si le caca de Satan valait plus que nos vies, et nous sommes là, avec l’odeur éternelle de la pisse, avec l’odeur du pipi chaud que le temps a braisé pour nous sans oublier la mayo, poulet mayo, ngulu mayo, dindon mayo, cerveau mayo, caca mayo, pays mayo, un vaste pays à la mayonnaise parce qu’on manque maintenant du savon pour se faire plaisir et la mayo et plus agréable, essayez seulement vous m’en direz de nouvelles…

…oui chez moi, on manque de tout, on monte des trous partout pour chier, pisser et surtout copuler avec notre rumba éternelle et toutes sortes de breuvage immortel qui ont le mérite de nous rendre éternels, éternellement vivant et si tristement mort, un vrai pays de morts où l’épidémie de sexes perdus n’a pas fait long feu, et pourtant…

…on manque donc de tout, voilà pourquoi notre nourriture tout droit venue du ciel nous la mangeons avec nos pieds car sans les mains, les pieds peuvent jouer le rôle de la main, d’où les infections, les maladies de la main …pardon de pied sale ne nous tue plus, nous sommes des virus, des microbes au cerveau légume et pour ça il nous fallait une lumière, une seule lumière : Lumumba ! Maintenant tu as une tombe grâce à ta dent et pourtant notre vie, notre pays reste une bombe, une bombe que tout le monde baise et culbute dans la boue sans capote et avec des kalachnikovs dans nos vagins grandeur univers, on y creuse chaque jour comme on creuse pour trouver coltan, or, diamant, …

Hommage donc au seul vivant congolais « Patrice Emery Lumumba » !

Christian Gombo, Écrivain

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