Le gouvernement congolais accuse le Rwanda de soutenir les rebelles du Mouvement de 23 mars (M23), qui s’affrontent avec l’armée congolaise à Kibumba en territoire de Nyiragongo, près de Goma au Nord-Kivu, Est de la RDC.
Devant la presse, Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, évoque clairement « le soutien du Rwanda aux M23 en violation de la frontière ainsi que les accords signés avec la RDC ». Une délégation du mécanisme de suivi des accords avec le Rwanda séjourne à Kigali pour attester les faits qui « sont plausibles à ses yeux », affirme M. Muyaya.
Pour Kinshasa, l’arsenal militaire, dont disposerait le M23 sur le terrain des opérations, est le fondement des soupçons sur Kigali. Des observateurs estiment que cette attaque a visé l’occupation de la région « très stratégique, puisque proche de la ville de Goma ». Les sources militaires et administratives parlent d’une avancée positive de l’armée à Kibumba et à Buhumba, occupés partiellement par les rebelles.
Jean-Claude Katende, coordonnateur de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), salue « le courage des autorités congolaises de n’avoir tardé à avouer publiquement reconnaitre la main du Rwanda derrière le M23. « Maintenant, il faut passer à d’autres étapes : rappel de notre ambassadeur, rupture des relations, faire la guerre », a-t-il déclaré.
Des combats entre les forces congolaises et les rebelles du M23 ont éclaté depuis mardi 24 avril. L’armée congolaise a, dans un communiqué, indiqué que « plus de 20 obus et bombes ont été tirés de l’Est vers l’Ouest de l’axe routier Goma-Rutshuru ont explosé » mardi et mercredi sur le territoire congolais. De plus, dans sa « débandade » après l’attaque d’une position des FARDC, « l’ennemi » a abandonné des armes et des effets militaires « non utilisés par les FARDC ni par les terroristes du M23 », ajoute le communiqué.
Entre-temps, le trafic sur l’axe routier Goma-Rutshuru reste toujours coupé à la suite de ces accrochages.
François Kitoko

