En RDC, l’Observatoire de la dépense publique (Odep) accuse Gentiny Ngobila, ancien gouverneur de Kinshasa, d’avoir orchestré une « ruine de la ville », caractérisé par une gouvernance « calamiteuse, illégale et prédatrice ».
Cette organisation de contrôle des finances publiques fonde ses accusations sur une analyse d’un rapport d’audit de la Cour des Comptes, datant de septembre dernier, ainsi que sur d’autres sources officielles et indépendantes.
L’Odep dénonce des pratiques de « corruption institutionnalisée », impliquant une neutralisation du contrôle parlementaire. Selon le communiqué, l’ancien président de l’Assemblée Provinciale de Kinshasa, Godefroid Mpoyi, aurait été transformé en « complice silencieux », rémunéré sur fonds publics, en violation flagrante des principes de séparation des pouvoirs.
« Il n’y a pas de démocratie possible lorsque le contrôleur est contrôlé par celui qu’il doit contrôler », assène l’Odep. Il affirme que cette mainmise a permis d’étouffer toute investigation parlementaire sur les dérives de gestions, malgré les alertes répétées de la société civile.
Dans la foulée, l’Odep appelle à l’ouverture de poursuites judiciaires contre Gentiny Ngobila, devenu sénateur après la fin de son mandat de gouverneur, et Godefroid Mpoyi, ancien président l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Si l’un doit être inculpé pour détournements de deniers publics, corruption et enrichissement illicite, l’autre devra répondre sur sa responsabilité dans la compromission du contrôle parlementaire.
L’ODEP pointe aussi du doigt des projets emblématiques comme le Marché Central, géré par la SOGEMA, où la Ville de Kinshasa assumerait tous les risques et toutes les dettes, pendant que la société engrangerait les recettes en toute opacité. « Ce n’est pas un partenariat public-privé. C’est un transfert de souveraineté économique à une société écran proche du pouvoir », a conclu l’Odep.
Ephraïm Kafuti

