Alors que le général Sylvain Ekenge, porte-parole du gouverneur militaire du Nord-Kivu, s’est félicité des avancées dans la situation sécuritaire, la société civile parle d’un aveu d’échec.
En territoire de Béni, Rutshuru, et Masisi, le général Sylvain Ekenge précise que les forces armées de la RDC (FARDC) sont à pied d’œuvre pour restaurer l’autorité de l’État.
« Sur le plan sécuritaire, beaucoup d’avancées dans la ville de Goma, la police fait son travail. Au niveau du territoire de Béni, les opérations conjointes entre l’armée Ougandaise et de notre pays continue pour traquer les terroristes des ADF MTM. La situation est sous contrôle dans l’ensemble de la province du Nord-Kivu », indique M. Ekenge à RFI.
Cependant, note-t-il, « la situation a commencé à empirer en territoire de Masisi, suite au désengagement des troupes déployées à Rutshuru, pour combattre les rebelles du M23 ». « L’armée est déjà fixée sur les rebelles du M23, qui occupent depuis quatre mois la cité de Bunagana, en attendant que les opérations reprennent dans le territoire de Rutshuru », dit-il.
« Il s’agit d’un aveu d’échec », rétorque la société civile du Nord-Kivu. Edgard Katembo Mateso, vice-président de cette structure, voit l’occupation de Bunagana et ses environs par la rébellion du M23 comme ce qui justifie « cet échec ».
Il évoque aussi le massacre de la population par les ADF aux côtés des Maï-Maï toujours actifs à Butembo, Beni et Lubero.
« L’ennemi est capable de circuler à travers les villes en train d’assassiner les civils, en train de déposer des bombes, en train de dévaliser les prisons. Si réellement le résultat souhaité est celui de la pacification, alors l’état de siège, nous n’avons plus peur de le dire, a échoué », affirme M. Mateso.
Activisme de groupes armés, tueries, kidnappings, viols et vols… La situation sécuritaire dans l’est du Congo, où des groupes armés sont actifs, est précaire plus d’un an après l’instauration de l’état siège dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.
Reagan Kimbale

