RDC : Vital Kamerhe, le grand retour au perchoir de l’Assemblée nationale

Sans surprise, Vital Kamerhe, proche du président Tshisekedi, a été élu président du bureau définitif de l’Assemblée nationale dans la soirée de mercredi 22 mai.

 

A la tête du ticket de l’Union sacrée, coalition majoritaire au Parlement, Vital Kamerhe, 65 ans, était le seul candidat en lice. Le leader de l’Union pour la nation congolaise (UNC) a obtenu 317 voix sur les 407 votants. Costume grise, cravate rouge, Vital Kamerhe est souriant pendant son installation.

 

Il retrouve le perchoir. Il y a 15 ans lorsqu’il a démissionné de ce poste sur fond de désaccords avec Joseph Kabila, ancien chef de l’Etat. Vital Kamerhe a troqué sa veste du Secrétaire général du PPRD, parti présidentiel à l’époque. Depuis, l’homme portait le costume d’opposant et s’était même porté candidat à la présidentielle de 2011. Il finit en troisième position derrière Joseph Kabila, son allier d’hier devenu adversaire politique, et Etienne Tshisekedi, père biologique de Félix Tshisekedi, son allié depuis l’accord de Nairobi de 2018.

 

Avec Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe forme un tandem. En 2018, il se désiste en faveur du président Tshisekedi, qui a remporté la présidentielle. Cinq ans plus tard, il s’est offert un second mandat. Mais, durant les premières années du président Tshisekedi, Vital Kamerhe était son directeur de cabinet.

 

L’homme a navigué sur un fleuve agité. Il a connu un procès avec l’affaire 100 jours, une condamnation au premier et second degré. Puis, un acquittement pour absence de preuves. Depuis qu’il est sorti de la prison, Vital Kamerhe avait été nommé ministre de l’Economie. Puis, il a su se maintenir au cœur du pouvoir.

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Au sein de l’Union sacrée, il semble de ne pas faire l’unanimité. Lorsque cette coalition devait se choisir un candidat pour le bureau de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, qui avait affiché son ambition, a dû passer par les primaires, faute de consensus dans une coalition, où la gestion des ambitions ne paraît pas simple.

 

Quelques jours avant son élection, sa résidence a été attaquée par un groupe d’hommes armés, qui ont tenté de mener un putsch. M. Kamerhe et sa famille n’ont pas été touchés. Selon l’armée, cette tentative de coup d’Etat a été étouffée dans l’œuf.

 

Au perchoir de la chambre basse, le président de l’UNC se sait attendu, ses discours seront scrutés, analysés. Et surtout, très commenté. Pour Vital Kamerhe, l’heure est de redorer l’image de l’Assemblée nationale, de restaurer son autorité et de faire entendre la voix du peuple.

 

Dans ses premiers mots, Vital Kamerhe a évoqué les questions de la diplomatie parlementaire. Ce qui tombe à pic. En fait, il prend la tête de la chambre basse du Parlement congolais dans un contexte sécuritaire tendu et marqué par les affrontements entre l’armée congolaise et les rebelles du M23.

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Cette rébellion, qui a resurgi en 2021, contrôle plusieurs localités dans les territoires de Rutshuru et de Masisi dans l’est de la RDC, en proie à l’instabilité depuis plus de deux décennies. Le dossier du M23 a même brouillé les relations entre Kinshasa et Kigali qui oscillent, depuis la fin des années 90, entre tièdes et volcaniques.

 

« Les honorables députés devront s’impliquer non seulement dans les questions de coopération régionale et internationale, mais également des questions qui concernent le retour de la paix à l’Est de notre pays. Personne n’ignore que la RDC fait face actuellement à une agression féroce dans sa partie Est causée par le Rwanda et l’Ouganda », a déclaré Vital Kamerhe.

 

Dans ce bureau, Jean-Claude Isaac Tshilumbayi a été élu 1er vice-président. Christophe Mboso a certes quitté la présidence, mais reste tout de même dans le bureau au poste de 2e vice-président. Jacques Djoli a été élu rapporteur et Dominique Munongo rapporteur adjoint. De son côté, Chimène Polipoli, questeur et Grâce Neema Paininye, questeur-adjoint.

 

En RDC, l’installation du bureau définitif de l’Assemblée nationale ouvre la voie pour l’élaboration d’un gouvernement, très attendu depuis la nomination de Judith Siminwa Tuluka au poste de Premier ministre. Plus de cinq mois après l’investiture du président Tshisekedi pour un second mandat, un gouvernement se fait toujours attendre.

 

Josaphat Mayi

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