Scission au sein de Taqadum, la plus grande coalition civile au Soudan, sur fond désaccords sur la formation d’un gouvernement dans les zones contrôlées par les paramilitaires, en guerre avec l’armée.
Taqadum, qui rassemble des partis politiques et des syndicats, a expliqué dans un communiqué que la division était due à « deux visions opposées sur la question de la formation d’un gouvernement » parallèle dans ces zones.
L’armée soudanaise, qui contrôle le gouvernement et combat les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) depuis avril 2023, accuse le dirigeant de Taqadum, l’ancien Premier ministre Abdallah Hamdok, d’être une façade politique pour les paramilitaires.
Désormais, chacun des deux mouvements aura une structure « politique et organisationnelle séparée », et opérera sous un nouveau nom. « Chaque partie agira en accord avec sa propre vision de la guerre, des moyens d’y mettre fin, de parvenir à une paix globale et durable et d’établir un régime civil et démocratique », poursuit la déclaration.
Bakry Eljack, ancien porte-parole de Taqadum, a expliqué que la faction opposée à la formation d’un gouvernement dans les zones sous contrôle des FSR comprend « la plupart des partis politiques et des personnalités publiques de la coalition ».
M. Hamdok a été évincé lors d’un coup d’État en octobre 2021 par le chef de l’armée Abdel Fattah al-Burhane, soutenu à l’époque par le chef des FSR, Mohamed Hamdane Daglo.
L’ancien Premier ministre, installé à Abou Dhabi, reste le principal homme politique civil du Soudan, la majeure partie de la société civile du pays étant occupée à coordonner l’aide d’urgence pour les populations prises entre les feux croisés de l’armée et des paramilitaires.
Le général Burhane a annoncé samedi la formation prochaine d’un gouvernement de transition, au moment où ses troupes enregistrent des avancées significatives dans la capitale et les régions centrales du pays, face aux paramilitaires.
Le Soudan dispose actuellement d’un gouvernement désigné par l’armée. En novembre 2024, l’armée avait désigné des civils à la tête de quatre ministères, dont celui des Affaires étrangères.
AFP/Sahutiafrica

