Tunisie : le gouvernement accroît ses dépenses en augmentant la pression fiscale

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La Tunisie prévoit une baisse du déficit budgétaire à 5,2% du PIB grâce notamment à une augmentation de recettes fiscales, avec comme mesure phare un impôt sur la fortune immobilière, a annoncé le gouvernement lundi 26 décembre.

Le budget table sur un déficit de 8,5 milliards de dinars (2,5 milliards d’euros), soit 5,2% du PIB contre 7,7% pour 2022.

La Tunisie est en proie à une profonde crise financière qui s’est traduite ces derniers mois par des pénuries récurrentes de certains produits de base (sucre, lait, riz …), dans un contexte d’inflation galopante de 9,8%, selon le dernier chiffre officiel publié début décembre.

« Les dépenses prévues de l’Etat en 2023 devraient atteindre les 53,9 mds de dinars (16 mds d’euros) et les recettes 46,4 mds de dinars (près de 14 mds d’euros) », a précisé la ministre des Finances Sihem Boughdiri.

« La loi de finances prévoit un budget total de près de 70 mds de dinars (21 mds d’euros) », a-t-elle ajouté lors d’une conférence de presse à Tunis en présence de tous les ministres du gouvernement dirigé par Najla Bouden.

Les besoins de financement pour combler le déficit budgétaire s’élèvent à près de 23.5 milliards de dinars (7,5 mds euros) pour 2023, décrite comme « une année très difficile » pour la Tunisie par le ministre de l’économie Samir Saïed avec notamment une inflation attendue de 10,5%.

Pour parvenir à l’équilibre budgétaire, l’Etat devrait recourir à des emprunts extérieurs de plus de quatre milliards d’euros et à des prêts de l’ordre de trois milliards d’euros sur le marché local.

Pour augmenter ses recettes fiscales, le gouvernement a notamment mis en place un nouvel impôt sur la fortune de 0,5% sur les biens immobiliers dont la valeur nette dépasse les trois millions de dinars (900.000 euros).

Les paiements en espèce d’un montant équivalent ou supérieur à 5.000 dinars (1.500 euros) seront passibles d’une amende de 20% de la somme payée.

Il impose également une augmentation de la TVA de 13% à 19% pour certaines professions libérales tels que les avocats, les huissiers et les traducteurs.

Ce budget a été élaboré sur la base d’un taux de croissance hypothétique de 1,8% et un prix moyen du baril de pétrole de 89 dollars et de la conclusion d’un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour obtenir un prêt de quelque 1,9 milliard Usd négocié depuis plusieurs mois.

La Rédaction

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