Une série télévisée réinvente la prévention contre le SIDA en Afrique du Sud, pays toujours parmi les plus touchés au monde, avec les jeunes femmes en première ligne.
Des scènes torrides ponctuées de drames familiaux et de trahisons, la troisième saison de la version locale de la série Shuga est diffusée mardi 27 juin, devant 60 millions de Sud-Africains, dont 8 millions vivent avec le VIH.
Les sugar daddies, des hommes plus âgés qui entretiennent de jeunes filles en leur offrant des cadeaux ou de l’argent en échange de faveurs sexuelles, jouent un rôle central dans le taux élevé de contamination des jeunes femmes, selon les experts.
« Un millier de jeunes femmes sont infectées chaque semaine en Afrique du Sud. Nous devons encore intensifier la sensibilisation. Elles ont des relations transactionnelles non pas parce qu’elles le veulent, mais parce que la pauvreté, le taux de chômage et les violences sexistes y contribuent. Et une fois exposées au virus, elles ne savent souvent pas quoi faire », explique Sibongile Tshabalala, présidente de l’organisation de lutte contre le VIH, Treatment Action Campaign (TAC), à l’AFP.
Produit d’une collaboration entre l’organisation internationale de santé Unitaid et la chaîne musicale MTV, la série Shuga a déjà été déclinée en Côte d’Ivoire, au Nigeria et au Kenya ciblant les jeunes.
« Shuga s’attaque à ces sujets difficiles tout en racontant une jeunesse en désillusion dans un contexte socio-économique morose », raconte Georgia Arnold, de la MTV Staying Alive Foundation.
Une récente étude a montré que les adeptes de la série sont deux fois plus susceptibles d’utiliser des préservatifs, se faire tester et connaître les traitements.
L’Afrique du Sud a un taux de prévalence du VIH de 13,7%. Le nombre de décès a drastiquement baissé grâce à l’introduction des antirétroviraux et le pays compte désormais 960.000 orphelins du sida contre 1,9 million en 2009, selon l’Onusida.
Mervedie Mikanu

