Le président kényan William Ruto a, lors du sommet conjoint SADC-EAC à Dar-es-Salaam, appelé à un cessez-le-feu immédiat dans l’est de la RDC où les combats se déroulent entre l’armée congolaise et le M23, soutenu par le Rwanda.
Pour le président Ruto, un cessez-le-feu immédiat est le seul moyen de créer les conditions nécessaires à un dialogue constructif et à la mise en œuvre d’un accord de paix global. « Nous appelons toutes les parties à respecter le cessez-le-feu, et plus particulièrement le M23 à cesser toute progression et les forces armées de la RDC à cesser toute mesure de représailles », a déclaré le président kenyan, qui préside la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est (EAC).
A l’issue de ce sommet, les dirigeants de la sous-région ont exigé notamment la cessation immédiate et inconditionnelle des hostilités, la réouverture de l’aéroport de Goma ainsi que la reprise du dialogue entre Kinshasa et Kigali. Ils appellent aussi à l’ouverture des principales routes d’approvisionnement. Il s’agit de Goma-Sake-Bukavu, Goma-Kibumba-Rumangabo-Kalengera-Rusthuru-Bunagan et de Goma-Kiwanja-Kanyabayonga-Lubero, mais aussi de la navigation sur le lac Kivu entre Goma et Bukavu.
Depuis le début du conflit, une demi-douzaine de trêves et de cessez-le-feu ont été signés, avant d’être automatiquement rompus. Si Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, a appelé à mettre fin à l’escalade militaire, les rebelles du M23 et les troupes rwandaises ont continué à progresser dans le Sud-Kivu, où les combats se sont installés après la prise de Goma par les rebelles.
Ce samedi, des affrontements sont en cours à une soixantaine de km du chef-lieu de la province, Bukavu, selon des sources locales et sécuritaires. La semaine dernière, les dirigeants de la SADC, dont fait partie la RDC, ont réaffirmé leur engagement indéfectible à continuer de soutenir Kinshasa dans sa quête de sauvegarde de son indépendance, de sa souveraineté et de son intégrité territoriale.
L’EAC, à laquelle appartiennent la RDC et le Rwanda, a pour sa part fermement exhorté le gouvernement de Kinshasa à engager le dialogue avec tous les acteurs, dont le M23. Pourtant, le gouvernement congolais continue de refuser toute négociation avec les rebelles du M23. Il accuse le Rwanda de soutenir cette rébellion pour faire main basse à ses ressources naturelles. Mais, le Rwanda nie. Il affirme vouloir éradiquer de la région des groupes armés, notamment créés par d’ex-responsables hutu du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, qui menacent selon Paul Kagame sa sécurité.
Vendredi, une réunion ministérielle s’est tenue en amont du sommet dans la capitale économique tanzanienne. Le chef de la diplomatie kényane, Musalia Mudavadi, a appelé à une fusion des processus de paix initiés d’une partie par le Kenya et d’autre part par l’Angola.
Entre-temps, plusieurs pays voisins de la RDC redoutent un embrasement régional. C’est faute de solution diplomatique rapide, alors que, sauf un appel au cessez-le-feu, les positions de la SADC et de l’EAC paraissent toutefois éloignées.
Josaphat Mayi

