En Ethiopie, près de 75% de sept millions d’habitants dans la région du Tigré ont eu recours à des stratégies d’adaptation extrêmes, avec la coupure de l’aide alimentaire, des soins de santé et d’autres besoins humains fondamentaux. C’est ce qu’a alerté le Programme alimentaire mondial (Pam) ce jeudi 24 mars. Selon cette agence onusienne, seules 4.000 tonnes de semences améliorées sur les 49.000 tonnes nécessaires pour la campagne agricole d’avril sont disponibles.
« Avec des stocks de carburant et de vivres au plus bas, en particulier dans la région du Tigré, le Pam n’est pas en mesure de livrer au rythme et à l’échelle nécessaires pour atteindre ceux qui en ont besoin. L’organisation a besoin de garanties de la part de toutes les parties au conflit de couloirs humanitaires sûrs et sécurisés via toutes les routes vers la région immédiatement, afin que les approvisionnements puissent arriver et atteindre des millions de personnes ayant besoin d’une aide vitale à grande échelle », a rapporté le communiqué du Pam.
Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha) affirme que la situation va empirer très probablement dans les prochains mois.
« Au Tigré, les familles épuisent tous les moyens restants pour accéder à la nourriture, les trois quarts de la population ont déclaré utiliser des stratégies d’adaptation extrêmes pour survivre. Le niveau d’insécurité alimentaire devrait s’aggraver dans les mois à venir, car les stocks alimentaires restants de la dernière récolte, qui représente la moitié de la production annuelle normale, s’épuise et l’aide humanitaire n’est pas acheminée », a indiqué son rapport.
Depuis décembre 2021, le Pam n’arrive pas à fournir d’aide humanitaire au rythme nécessaire, car ses opérations sont compromises. La guerre qui dure plus d’un an a rendu presque impossible pour les donateurs d’aide d’atteindre les communautés isolées, en particulier les régions du Tigré, d’Afar et d’Amhara.
La Rédaction

