En Libye, près de cinq personnes ont été tuées et treize autres blessées dans des combats qui ont éclaté entre groupes armés à Zaouia, ville située dans l’ouest du pays, dans la nuit de dimanche à lundi 26 septembre. Cette information a été livrée par les services de secours.
Des médias locaux rapportent que ces combats ont opposé deux groupes officiellement affiliés aux ministères de la Défense ainsi que de l’Intérieur. D’après une source sécuritaire citée par l’AFP, ces affrontements ont éclaté lorsqu’un membre d’un des deux groupes a été tué par un partisan de l’autre en raison d’un différend en lien avec un trafic de carburants, très courant dans cette région.
Ces nouveaux affrontements sanglants surviennent dans un contexte de crise politique en Libye, qui peine à se remettre d’une décennie de chaos. Depuis mars dernier, deux gouvernements se disputent le pouvoir. Il s’agit de celui dirigé par Abdelhamid Dbeibah, reconnu par la communauté internationale, et de Fathi Bachagha, soutenu par Khalifa Haftar, homme fort de l’Est libyen.
Des combats entre les milices de ces deux camps sont fréquents. Fin août, des combats entre milices rivales à Tripoli avaient fait trente-deux morts et 159 blessés. Jusqu’où peut aller ce bras politique ?
Pour Jihâd Gillon, journaliste libyen, la Libye se trouve une nouvelle fois dans une configuration d’un pays divisé. « Ce bras de fer peut continuer pendant un petit moment », dit-il.
« Le Premier ministre officiel est reconnu par la communauté internationale, Abdelhamid Dbeibah, est plutôt soutenu par les milices de Tripoli voire une partie de milices de Misrata. De l’autre côté, Fathi Bachagha, originaire de Misrata comme lui, est un personnage assez ambigu. Depuis le début de la révolution en Libye, en 2011, jusqu’à aujourd’hui, il a changé pas mal de camp. C’est un homme politique très intelligent et très pragmatique, mais qui en s’associant à Khalifa Haftar, qu’il avait combattu lorsqu’il a attaqué Tripoli, Bachagha s’est un peu coupé de sa base populaire à Misrata », explique M. Gillon à Sahutiafrica.
Minée par les luttes de pouvoir et les divisions régionales, la Libye est plongée dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi, en 2011, après 42 ans de règne.
Trésor Mutombo

