A l’esplanade du Palais du peuple, Ferré Gola, artiste musicien congolais, a clôturé les Nuits de la Francophonie, quatre nuits d’ambiance, de danse et de fête, dimanche 6 août.
Dimanche soir, Ferré Gola a livré un show en deux temps. Tout a commencé au stade des Martyrs à la cérémonie de clôture des IXes Jeux de la Francophonie. L’artiste fait son entrée dans le noir, lumière éteinte momentanément pour le besoin de la cause. Sur scène, le public au stade le découvre subitement, comme surgit du néant, de nulle part. Être artiste a son prestige, son mystère aussi.
Tout de blanc vêtu. Blazer et pantalon assortis, taillés sur mesure. Ferré brille, il transparaît l’or. D’abord au tour du cou, une chaîne massive. Puis au poignet aussi. D’ailleurs petite gâterie de star : son micro rayonne aussi. Pendant près de quinze minutes, Ferré fait son récital. Il commence par une récente production, une chanson dédiée aux populations de l’est meurtrie de la RDC, son pays. « Mes frères, je ne vous ai pas oublié », chante-t-il.
Ensuite, langoureusement, Ferré déroule : Regarde-moi, Carte rose, Tuchezé, Liberté, avant de finir sur son hit Bizorbi, beaucoup plus tourné vers la danse, le jeu de reins comme on dit. Arrivé au stade un peu plus tôt, en début de journée, le public est un peu fatigué, mais il ne se retient pas. Il salue la prestation de l’artiste par une salve d’acclamation. Très vite, Ferré Gola quitte le stade, pour rejoindre l’esplanade du palais du Peuple pour la deuxième mi-temps.
Sur place, plus de 100 000 personnes l’attendent. Elles l’ont fait savoir en début de soirée, lorsque le premier artiste, Moise Mbiye, seul chantre gospel convié à la fête, est annoncé : « Toyeli Ferré ehhh » entendez « on est là pour Ferré », scande frénétiquement la foule. Un moment gênant, mais qui est vite passé au regard du feu mis par le pasteur et musicien chrétien.
Nouveau lieu, nouveau look. Ferré est un habitué de grandes marques. Et il ne manque pas à le signaler lui-même. Contrairement au stade où il a chanté seul, juste accompagné des danseurs, il est cette fois-ci avec toute son armada, prête à passer à l’assaut. Et c’est d’ailleurs ce qu’il va se passer toute la soirée.
Ferré est un crooner, la magie de sa voix bien présente fait vaciller le public. Pendant au moins une heure, ses chanteurs et danseurs ont aussi le temps de se mettre en valeur… Il boucle la boucle par le titre culte, « Bizorbi », comme au stade. Ses fans sont satisfaits, l’artiste leur a donné ce qu’ils méritaient le tout dans une ambiance festive et conviviale, sans grand accro. Malgré le débordement.
Tel le meilleur qui était gardé pour la fin, Ferré a clôturé les nuits de la Francophonie, et avec lui tous les jeux. Pendant dix jours, Kinshasa aura vécu l’une de ses plus belles expériences, un souvenir qui restera à jamais gravé dans la mémoire collective.
Dinho Kazadi

