Au moins quinze civils ont été tués par les rebelles M23 en l’espace de deux jours à Rusthuru, dans la province du Nord-Kivu, Est de la RDC, a annoncé la société civile locale dans une déclaration mercredi 6 juillet.
Selon cette source, une vingtaine de civils déplacés sont pris en otage par ces rebelles à Ruseke-Ntamugenga pendant que ceux-ci voulaient se ravitailler en vivres. La société civile de Rutshuru dénonce ces exactions du M23, « qui ne cesse d’endeuiller la population innocente de Rutshuru, victime des graves violations des droits humains ». Mais aussi « l’usage abusif des bombes sur les civils par le M23 ».
« Nous condamnons avec toute énergie ces crimes contre l’humanité et crimes des guerres en flagrante violation des statuts de Rome, mais aussi les pays voisins dont le Rwanda et l’Ouganda qui violent les accords d’Addis-Abeba vis-à-vis de la RDC », rapporte le document.
La société civile, qui redoute des crimes graves contre des civils, appelle le gouvernement à établir « des mécanismes urgents de protection des civils contre les agresseurs et de mettre tout en ouvre pour enterrer dignement des victimes de ces massacres du M23 ».
Elle demande aux Nations unies, à l’Union africaine et aux organisations sous-régionales « de diligenter en urgence une enquête sur les crimes perpétrés par les M23 et ses alliés et de ne pas se limiter sur les simples condamnations, mais de prendre des sanctions ».
Les combats se poursuivent à Rutshuru entre l’armée congolaise et le M23. Mais les présidents congolais et rwandais se sont convenus à une désescalade lors d’un sommet tripartite à Luanda mercredi. C’était après des accusations mutuelles de velléités de déstabilisation et de soutien aux rebelles.
Une feuille de route a été mise en place. Et le président Joao Lourenço, médiateur dans la crise RDC-Rwanda, appelle le M23 a cessez-le-feu immédiat et à se retirer de leurs positions dans l’Est du Congo sans condition.
Depuis Goma, Reagan Kimbale

