Des affrontements dans l’Etat du Haut-Nil, situé dans le nord-est du Soudan du Sud, ont déplacé près de 20.000 personnes, dont une majorité de femmes et d’enfants depuis août. C’est ce qu’a annoncé le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) mercredi 7 décembre.
Depuis, la violence s’est propagée dans le Haut-Nil, dans le nord des Etats de Jonglei et d’Unité. Il progresse actuellement dans le comté de Fashoda, dans le Haut-Nil, et menace la ville de Kodok. Mais le nombre exact de personnes tuées dans les violences en cours reste inconnu.
« Les civils en fuite sont visiblement traumatisés et signalent des meurtres, des blessures, des violences sexistes, des enlèvements, des extorsions, des pillages et des incendies de propriétés. Beaucoup ont perdu leur maison et ont été séparés de leur famille », a noté le communiqué du HCR.
Cette agence onusienne indique que la majorité des personnes déplacées et que certaines personnes âgées ou handicapées n’avaient pas pu fuir, obligées de se cacher dans les buissons et le long du Nil Blanc lors des attaques.
En collaboration avec d’autres agences des Nations unies et des ONG, elles ont intensifié leur réponse pour fournir un soutien vital aux plus vulnérables, y compris dans les zones difficiles d’accès avec des abris, des articles de secours, des services de protection, de l’argent et d’autres formes d’assistance.
« En utilisant des bateaux pour étendre notre capacité de réponse mobile, le HCR peut désormais atteindre les personnes plus rapidement et plus facilement, y compris dans les zones reculées et difficiles d’accès. Malgré le soutien du HCR aux efforts visant à désamorcer les tensions et à promouvoir la paix, la situation continue de se détériorer », a conclu le communiqué.
Après avoir obtenu son indépendance du Soudan en 2011, le Soudan du Sud a sombré dans une guerre civile qui a fait près de 400.000 morts et des millions de déplacés entre 2013 et 2018.
Début septembre, l’ONU avait affirmé que 173 civils avaient été tués et 37 enlevés en quatre mois au Soudan du Sud dans des combats entre forces loyales au président Salva Kiir et au vice-président Riek Machar.
Un accord de paix signé en 2018 prévoit le principe d’un partage du pouvoir au sein d’un gouvernement d’union nationale, mais il est resté largement inappliqué, laissant le pays en proie à des violences à caractère politico-ethnique et à une instabilité chronique.
L’ONU et la communauté internationale accusent régulièrement les dirigeants sud-soudanais de maintenir un statu quo, d’attiser les violences, de réprimer les libertés politiques et de détourner les fonds publics.
Ali Maliki

