Au Soudan, plus de vingt personnes sont tuées à la suite du bombardement pendant trois jours d’un camp de déplacés près de la capitale assiégée du Darfour-Nord, El-Fasher, dans l’ouest du pays, par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).
Les secours rapportent que quarante autres personnes ont été blessées après ce bombardement. Le bombardement a touché un camp qui abrite des dizaines de milliers de personnes ayant fui les violences des conflits successifs au Darfour et la guerre qui déchire le troisième plus grand pays d’Afrique en surface.
Dans un communiqué, les secours d’urgence de ce camp, touché par la famine, affirment que les paramilitaires, engagés dans une guerre fratricide avec l’armée soudanaise depuis avril 2023, ont visé le camp de déplacés d’Abou Chouk avec des frappes d’artillerie et des tirs au hasard.
Depuis que l’armée a repris le contrôle de la capitale Khartoum en mars, les attaques paramilitaires dans la région se multiplient. Ces dernières semaines, les combattants de la FSR ont intensifié leurs attaques contre El-Fasher, dernier grand centre urbain du Darfour encore sous contrôle de l’armée, et les camps de déplacés environnants, Abou Chouk et Zamzam.
Au Soudan, les FSR ont pris le camp de Zamzam après une offensive meurtrière qui a pratiquement vidé le camp, où près d’un million de déplacés s’étaient installés. Entrée dans sa troisième année, la guerre a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé 13 millions de personnes et provoqué une crise humanitaire majeure.
Selon l’Onu, les assauts des paramilitaires au Darfour-Nord ont fait au moins 481 morts parmi les civils au cours des deux dernières semaines. Ce bilan comprend au moins 129 civils tués en seulement cinq jours la semaine dernière à El-Fasher, dans le district d’Um Kadadah et au camp d’Abou Chouk. Elle a également fait partie de la mort d’au moins 210 civils, dont neuf professionnels de santé, tués dans le camp de Zamzam entre le 11 et le 13 avril.
Josaphat Mayi

