Au Soudan, où les armes continuent de résonner, les Comités de résistance de Madani ont accusé les Forces paramilitaires de soutien rapide (RSF), aux prises avec l’armée régulière, d’avoir tué près de 100 personnes lors d’un assaut à Wad al-Noura dans l’Etat d’al-Jazira.
Jusque-là, il s’agit d’un bilan provisoire. Ces structures affirment attendre un bilan confirmé des morts et des blessés. Pour les comités, c’est un charnier sur la place publique. Des images, diffusées sur les réseaux sociaux, montrent des rangées de linceuls blancs disposés dans une cour. Pendant l’assaut, l’armée restait « stationnaire à l’intérieur de la localité d’Al-Manaqil », selon un communiqué de comités de quartier, relayé par Sudan Tribune.
Selon ce texte, les comités de Madani ont confié avoir été « témoin d’un massacre après que la milice de RSF l’a attaqué à deux reprises ». Mercredi, ils ont averti au sujet du siège strict imposé par les RSF au village de Wad Al-Noora, accompagné d’un barrage de tirs pour tenter de prendre d’assaut la ville avant de l’attaquer.
Des sources rapportent que les RSF ont assiégé et attaqué à plusieurs reprises des villages entiers à travers le pays et sont connues pour leurs pillages généralisés ainsi que leurs violences sexuelles et ethniques.
Mais dans un communiqué, les RSF ont déclaré avoir attaqué trois camps militaires dans la région de Wad al-Noura et affronté leur ennemi « à l’extérieur de la ville ».
Alors que la guerre continue de déchirer le Soudan, l’armée et les RSF ont été accusées de crimes de guerre, notamment de ciblage de civils, de bombardements aveugles de zones résidentielles et de pillage ou d’obstruction de l’aide humanitaire.
En un peu plus d’un an, des milliers de personnes ont été tuées. Selon Tom Perriello, envoyé spécial américain pour le Soudan, le bilan global des victimes de la guerre reste cependant incertain, avec certaines estimations allant jusqu’à 150 000.
Ce jeudi, l’agence des migrations de l’ONU a averti que les chiffres des déplacements internes au Soudan pourraient « dépasser les 10 millions » d’ici à quelques jours. Depuis le début de la guerre, plus de sept millions de personnes ont fui leurs foyers pour se réfugier dans d’autres régions du Soudan, s’ajoutant aux 2,8 millions déjà déplacés à cause des conflits précédents.
Les négociations entre les belligérants pour une cessation d’hostilité continuent de battre de l’aile. Jusque-là, les deux campent sur leur position.
La Rédaction

