Autopsie du Moi : moi Labyrinthe de l’inhumain, moi Anatomie du vide, moi Analogie du vice, moi La danse du vilain, moi L’étranger, moi La Nausée, moi Les contes de la folie ordinaire ou Les Érections, les Éléphants et le Pénis de Dieu ou aussi Mémoires d’un vieux dégueulasse, moi La métamorphose, moi La métaphore de l’oubli, moi Sans capote ni kalashnikov, moi Congo Inc.
Le testament de Bismark, moi Le bel immonde, moi Généalogie d’une banalité, moi Les ténèbres de Dieu, moi Les liaisons dangereuses, moi Lolita, moi Les 120 Journées de Sodome ou La Philosophie dans le boudoir, moi L’insoutenable légèreté de l’être, moi L’amour aux temps de choléra, moi Les fleurs du mal, moi le démon dans l’ange, moi l’ange-démon, moi le pétage personnifié, moi sans qualité, moi Monsieur Défaut, moi imparfait, moi sans moi-même, moi sans lumière ni éclair parce que moi sombre, moi ténèbres, moi nauséabond, moi obscur, moi sans idéal donc un moi léger, moi fichier humain corrompu, moi déni, moi la transe du laid, moi mauvais pet ou pet senteur aisselles de Lucifer, moi dent du néant, moi sans extase, moi sans classe, moi sans ardeur, moi sans douceur, moi la plénitude de l’absurde, moi folie, moi sauvage, moi briseur du beau.
Moi** cyclone de désirs, moi miroir brisé, moi ombre errante, moi flamme vacillante, moi feu permanent de l’enfer, moi serpent de la tentation, moi jardin des délices pourris, moi étoile filante dans la nuit étoilée, moi vagabond de l’absurde, moi marionnettiste des illusions, moi océan de contradictions, moi phare sans électricité dans la tempête, moi sculpture de poussière, moi salive du coronavirus, moi rêve éveillé, moi alchimiste du déclin, moi la poule qui a des dents, moi ruisseau de souvenirs, moi crépuscule d’une époque révolue, moi capote utilisé et jeté dans les caniveaux, moi silhouette dans le brouillard, moi écho d’un rire perdu, moi mosaïque de la douleur, moi fragments oubliés, moi diatribe insonore, moi étoffe des songes, moi nerf tendu et coupé, moi souffle d’une révolte étouffée, moi baiseur de monotonie.
Un jour mon moi oui tous ces moi qui me définissent parce que dansant dans les couilles du soleil, oui un jour tous ces moi qui font mon moi ont tourné plus vite que la rotation de la terre. C’est ainsi que mon moi a bu l’éternité. Ivre de vie, ivre d’envie, ivre encore et encore, j’ai vomi une moisissure. Et depuis quoi que je fasse, cette moisissure éjacule sans sexe de la pourriture. Oui … ô que oui, je suis moi, moi trou noir universel parce qu’il est écrit sur les lignes du temps qui nous avalent tous « le vice entretient le bien »… je ne suis donc pas si inutile…
Christian Gombo, Ecrivain

