Au Burkina Faso, le chef de la junte militaire a gracié vingt-et-un militaires condamnés après le putsch manqué de septembre 2015.
Dans un décret listant 21 militaires concernés, la junte indique que les personnes ci-après avoir fait l’objet d’une condamnation ou d’une poursuite judiciaire devant les juridictions pour des faits commis les 15 et 16 septembre 2015 bénéficient de la grâce amnistiante. Parmi, les personnes graciées figurent, six officiers, dont le capitaine Zoumbri Houssene et le lieutenant Compaoré Relwendé, des ex-chefs d’unités de l’ancienne garde présidentielle aux côtés d’une quinzaine de sous-officiers et de soldats du rang.
Le 15 septembre 2015, des soldats de la garde présidentielle, dont les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, avaient tenté de renverser le gouvernement de transition mis en place après la chute de Blaise Compaoré, chassé le 31 octobre 2014 par une insurrection populaire après 27 ans au pouvoir. Le coup de force avait été mis en échec une douzaine de jours après par des unités loyalistes de l’armée, faisant 14 morts et 270 blessés.
En 2019, ils avaient été condamnés pour atteinte à la sûreté de l’État, meurtres ou trahison, par le tribunal militaire de Ouagadougou.
Les généraux Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé, respectivement ancien chef d’état-major particulier et chef de la diplomatie de Blaise Compaoré, sont considérés comme les cerveaux du putsch manqué et condamnés à 20 ans et 10 ans de prison. Ils ne sont pas concernés par cette amnistie. Les 21 militaires graciés seront réintégrés dans l’armée, qui combat des groupes djihadistes depuis plus de 10 ans.
Edasso Rodrigue Bayala, ministre de la Justice, affirme que les condamnés, qui ont jusqu’au mois de juin 2025 pour en faire la demande. D’après lui, Ils doivent manifester un engagement patriotique dans la reconquête du territoire et exprimer leur volonté de participer activement à la lutte contre le terrorisme.
Depuis septembre 2022, le Burkina Faso est dirigé par une junte militaire à la suite d’un coup d’État, avec à sa tête le capitaine Ibrahim Traoré. En décembre 2024, le chef du régime militaire a promulgué une loi octroyant une « grâce amnistiante » à plusieurs personnes condamnées pour leur implication dans le putsch manqué de septembre 2015.
Josaphat Mayi

