Said Naciri, ancien président du club de football Wydad Casablanca (WAC) a, lors, d’une audience nié devant la justice marocaine de faciliter le transport de drogue dans une vaste affaire de trafic international dite «Escobar du Sahara».
Ex-président du Conseil préfectoral de Casablanca, il est jugé au côté de l’ancien président du Conseil régional de l’Oriental (est du Maroc), Abdennabi Bioui, notamment pour détention, commercialisation et exportation de drogue, ainsi que pour des faits de corruption, faux et usage de faux. Il s’agit de deux anciens cadres du parti Authenticité et Modernité (PAM, libéral), formation membre de la coalition gouvernementale. Ils sont en détention depuis fin 2023.
En fait, le procès, ouvert en mai 2024, implique au total vingt-cinq personnes. Elles sont soupçonnées d’avoir joué un rôle dans le réseau d’Ahmed Ben Brahim qui purge une peine de dix ans de prison. Ce dernier, à l’origine de la plainte ayant enclenché cette procédure judiciaire, accuse notamment MM. Naciri et Bioui de l’avoir aidé à faire passer de la drogue du Maroc vers des pays d’Afrique du Nord et du Sahel via l’Algérie.
Au Maroc, c’est la première fois qu’un procès implique des figures politiques de premier plan accusées dans une affaire de trafic de drogue. Vendredi, M. Naciri a aussi été interrogé sur l’origine de plus de 8,6 millions d’euros accumulés entre 2014 et 2022 sur un compte personnel. Il a expliqué qu’il s’agissait de dons ou prêts pour le Wydad, ainsi que de revenus de ses sociétés, dépensés pour le club.
Surnommé «Pablo Escobar du Sahara», le baron de la drogue malien Ahmed Ben Brahim, a, selon, les procès-verbaux lus pendant l’audience devant la chambre criminelle de première instance de Casablanca, affirmé avoir versé à M. Naciri 350.000 euros. C’était pour préparer le trafic de 15 tonnes de résine de cannabis qui s’est déroulé avec succès.
Il mentionne également une autre opération pour laquelle il aurait payé à l’ex-patron du WAC un total de 400.000 euros. C’était également pour sécuriser la route et faire passer une certaine quantité de stupéfiants.
Pour l’heure, M. Naciri nie toutes les accusations portées contre lui, comme il le fait depuis le début de ses auditions à la mi-avril. Jusque-là, l’ancien président du Wac clame son innocence. La prochaine audience a été fixée au 30 mai.
Josaphat Mayi

