Le rappeur engagé Alesh, connu pour son franc-parler, s’associe à Zozo Machine, membre influent du duo MPR, ont lancé «Wenge Politica», un titre percutant qui dénonce avec virulence les dérives de la classe politique congolaise.
Le morceau revisite le style musical emblématique du groupe Wenge Musica, en transposant les divisions et les luttes d’ego qui ont marqué le groupe musical à la scène politique. Ainsi, le titre devient un miroir des faiblesses et des travers du leadership en RDC. «Ils ont deux coachs, mais avec le même jeu,», chante Zozo Machine. Dans cette partie, l’artiste fustige l’immobilisme et le manque de vision de la classe politique congolaise.
Cette collaboration est d’autant plus pertinente que Zozo Machine, figure montante du hip-hop ndombolo, apporte sa verve satirique au projet. Ensemble, Alesh et Zozo Machine combinent un rythme entraînant à des paroles acérées, exposant les promesses non tenues et l’égoïsme des élites congolaises.
«Wenge Politica» ne se limite pas à la dénonciation. À travers des textes imprégnés de culture populaire, le duo critique la trahison politique, le culte de la personnalité et le manque de vision collective, tout en lançant un appel à un sursaut citoyen. Le titre se veut un hommage à l’héritage culturel congolais. Il s’agit d’une invitation à l’engagement civique et le symbole d’une jeunesse qui refuse de se taire face à l’injustice.
Alesh, rappeur originaire de Kisangani, connu pour ses textes engagés depuis 2006, a fait de la musique un outil de citoyenneté. Zozo Machine, fondateur du duo MPR, s’est fait connaître en mêlant hip-hop et ndombolo pour commenter l’actualité et les réalités sociales.
En fait, les deux rappeurs ont déjà été confrontés à la censure par le passé. La chanson «Biloko Y’a Boye» d’Alesh, sortie avant les élections de 2018, et le titre «Nini Tosali Te» de MPR, sorti il y a trois ans, avaient tous deux rencontré un large écho en raison de leur critique de la situation sociale précaire de la population congolaise.
Avant la sortie de «Wenge Politica», Alesh et Zozo Machine ont quitté le sol congolais. Visiblement , les deux articles congolais craignent d’éventuelles représailles de la part du pouvoir.
Ephraïm Kafuti

