Au Burkina Faso, la production céréalière a baissé en 2021 et cela a exposé plus de deux millions de personnes en insécurité alimentaire, dont 323.000 en urgence pour la période de mars à mai 2022. C’est ce qu’a alerté le ministère burkinabè de l’Agriculture dans un communiqué publié ce mercredi 30 mars. Selon Ouagadougou, ces chiffres pourront se rapprocher des 3,5 millions pendant la période de soudure entre les récoltes.
Cette menace s’observe en particulier dans les régions régulièrement frappées par des attaques djihadistes. « Plus de la moitié des ménages agricoles (52%) n’arriveront pas à couvrir les besoins céréaliers avec leur propre production et devront donc avoir recours à des importations, dans un contexte de hausse des prix, notamment en raison du conflit en Ukraine », a indiqué le rapport.
D’après le ministère burkinabè de l’Agriculture, « ces mauvaises récoltes sont, à la fois, dues aux chocs climatiques occasionnant une baisse généralisée des rendements et à des abandons de terres en raison de l’insécurité ». Et que la situation pastorale n’est légèrement plus reluisante, entre le déficit de nourriture pour le bétail relevé dans plusieurs provinces et les lourdes pertes de volailles à cause de la grippe aviaire ».
Depuis près deux ans, le pays des hommes Intègres connaît un regain des violences attribuées à des mouvements jihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique. Cette crise a fait plus de 2.000 morts dans le pays et a contraint près de 1,8 million de personnes à fuir leur foyer. Une impasse qui a même précipité la chute de Christian Kaboré, ex-président évincé le 24 janvier dernier. Le colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui a pris le pouvoir, fait de la lutte contre la montée de la menace djihadiste sa priorité.
Joe Kashama

