Après avoir forcé de jeunes compatriotes à se prostituer, quatre Nigérians ont été condamnés à des peines allant de 8 à 18 ans de prison ferme pour proxénétisme aggravé en bande organisée et traite d’êtres humains, a tranché une Cour française mercredi 27 septembre.
Ces peines sont proches de celles prononcées en première instance par la cour d’assises de Paris, qui avait condamné les accusés à 10, 13, 15 et 19 ans de réclusion, en juillet 2020. L’avocat général avait requis mardi des peines de prison ferme allant de 9 à 18 ans.
« La Cour d’assises du Val-de-Marne, en région parisienne, a pris en compte l’extrême gravité des faits reprochés et la manière dont ces jeunes filles ont pu voir leur humanité niée dans un but mercantile », a souligné la présidente, Pascale Pérard, à la lecture du verdict.
Pour Omos Wiseborn, qui a participé activement à l’organisation de ce réseau selon l’accusation, la cour a suivi les réquisitions de l’avocat général et l’a condamné à 18 ans de réclusion.
Une peine extrêmement sévère pour son avocate, Me Caroline Thévenin, qui n’est pas le reflet de la réelle implication d’Omos Wiseborn dans ce réseau criminel. « II n’était pas en haut de la pyramide », s’est-elle indignée.
Alors qu’ils ont écopé de 13 et 15 ans de réclusion en première instance, Dennis Brown et Blessing Ubi ont été condamnés à respectivement 12 et 15 ans ferme, pour avoir hébergé des jeunes filles, les avoir forcées à se prostituer et avoir récupéré l’argent gagné lors de leurs nuits de passes.
Jugé pour avoir pratiqué un avortement forcé sur une des parties civiles et pour proxénétisme aggravé, Emmanuel Aiwansosa, a écopé de huit ans de prison ferme, contre dix ans en première instance.
Me Catherine Delanoë Daoud, avocate de Gloria (prénom modifié) qui avait 14 ans au moment des faits, a indiqué que la décision de la cour est juste et ne choquera pas sa cliente.
Depuis le 19 septembre, les quatre condamnés comparaissaient devant le tribunal pour avoir recruté, sur de fausses promesses d’emploi ou d’études, des jeunes filles parfois mineures au Nigeria, avoir organisé leur périlleux voyage vers la France, où une fois arrivées, elles ont été forcées à se prostituer au Bois de Vincennes, dans l’est de Paris.
Tout au long de l’audience, les accusés ont reconnu les faits, cherchant toutefois à minimiser leur rôle et leur implication. Ils ont aussi exprimé des regrets et présenté leurs excuses aux victimes, qui avaient raconté leur supplice à la cour.
Mervedie Mikanu

