En RDC, plus de 1.300 militaires et policiers ont été évacués de la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu dans l’Est du pays, vers Kinshasa, capitale congolaise.
Dans un communiqué publié jeudi 15 mai, la Croix-Rouge internationale (CICR) indique avoir évacué les militaires et policiers congolais aux mains des rebelles du M23. D’après le CICR, ces personnes évacuées « ont parcouru près de 2000 kilomètres. Elles ont traversé une ligne de front, pour aller de Goma à Kinshasa ».
La source affirme que l’opération d’évacuation « complexe », a mobilisé d’importants moyens humains et logistiques ». Elle a impliqué plusieurs convois routiers, des transports en hélicoptère et en avion. En revanche, le M23 s’est opposé à une évacuation de ces personnels désarmés via l’aéroport de Goma, fermé depuis janvier.
Fin avril, le CICR a annoncé le début d’une opération périlleuse d’évacuation de ces hommes par la route à travers les zones M23, après de longues négociations entre la Monusco, Kinshasa et le M23. Du 30 avril au 15 mai, le CICR a accompagné 1359 personnes désarmées appartenant aux forces gouvernementales de la RDC et leurs familles.
Dans l’Est de la RDC, la situation sécuritaire reste volatile. Si les armes se sont tues ces derniers jours, le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) indique que le taux de criminalité dans la ville de Goma et le territoire de Nyiragongo ne cesse d’augmenter depuis leur occupation par le M23.
Lundi, les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont, lors des opérations de bouclage, interpellé près de 300 personnes à Goma. Des sources, citées par la radio onusienne, rapportent que ces interpellations ont eu lieu dans les quartiers Kaduki, Kyambali à Sake, dans le groupement Kamurhonza.
Les rebelles ont procédé aux arrestations dans plusieurs quartiers densément peuplés du nord de Goma. Il s’agit de Buhene, de Don Bosco, de Virunga, de Katoyi, de Kilijiwe et de l’Office 1.
Selon des sources onusiennes, environ 2.000 militaires congolais se retrouvent à l’intérieur des bases de la Monusco au moment de la prise de Goma. Mais leur nombre est tombé à quelque 1.500 début avril, à la faveur de rassemblements au M23 et de fuites jusqu’aux zones contrôlées par Kinshasa.
Jusque-là, quelque 2.000 militaires et policiers ont trouvé refuge dans les bases de la mission des Nations unies en RDC (Monusco), où ils étaient restés coincés depuis fin janvier.
Josaphat Mayi

