Des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité sont toujours commis dans la région du Tigré dans le nord de l’Ethiopie, malgré la fin du conflit entre l’armée et les rebelles tigréens, selon un rapport d’experts onusiens.
« Même si la signature de l’accord a largement fait taire les armes, il n’a pas résolu le conflit dans le nord du pays, en particulier au Tigré, ni apporté une paix globale », a déclaré Mohamed Chande Othman, président de l’Internationale Commission d’experts des droits de l’homme sur l’Éthiopie, dans un communiqué accompagnant le rapport.
Dans son rapport, la commission indique que les violations des droits de l’homme au Tigré étaient « graves et continues » et rapporte que des Forces de défense érythréennes (EDF) auraient attaqué des civils.
Radhika Coomaraswamy, membre de la commission, décrit les violences sexuelles perpétrées dans le conflit comme étant « aussi graves que possible ».
« Je dois admettre que le pire de ces événements a été celui perpétré par les forces érythréennes au Tigré. Même si, bien sûr, les forces éthiopiennes en étaient également responsables », a-t-elle déclaré, ajoutant que les forces tigréennes avaient aussi perpétré des violences sexuelles à Amhara.
La Commission indique que les violations « ont été encouragées ou tolérées par le gouvernement fédéral », qui, selon elle, a manqué à son devoir de protéger sa population.
Le rapport souligne que les Forces de défense nationale éthiopiennes, les Forces de défense érythréennes et les forces spéciales régionales alliées ont mené une « attaque généralisée et systématique » contre les populations civiles sous la forme de meurtres, de tortures, de viols et d’autres violations.
Le gouvernement éthiopien et ses forces armées ont nié à plusieurs reprises que leurs soldats ont commis des crimes à grande échelle. Seuls ou avec les forces érythréennes, et ont promis d’enquêter sur les plaintes pour abus individuels. Les autorités de la région éthiopienne d’Amhara ont également nié que leurs forces ont commis des atrocités dans le Tigré voisin.
En Ethiopie, des milliers de personnes sont mortes au cours de ce conflit qui a duré deux ans et qui a officiellement pris fin en novembre de l’année dernière. Les deux camps se sont mutuellement accusés d’avoir commis des exactions, de massacres, de viols et de détentions arbitraires. Mais les deux camps belligérants ont nié toute responsabilité dans des abus systémiques.
Josaphat Mayi

