A l’approche du premier anniversaire des manifestations de juin 2024, la mort d’Albert Ojwanga, arrêté pour ses publications sur les réseaux sociaux, suscite l’indignation au Kenya.
« La mort en détention d’Albert Ojwang pose de sérieuses questions qui doivent être urgemment, minutieusement et examinées », a déclaré l’ONG Amnesty International, pour qui ce décès constitue un « nouveau rappel flagrant » de l’urgence de « réformes profondes » au sein des forces de l’ordre.
Pour cette organisation, aucun kényan ne devrait perdre sa vie en détention. Elle appelle à une enquête, demandant que ses conclusions soient rendues publiques et que les policiers éventuellement responsables soient jugés.
Dans un communiqué, la police a expliqué que M. Ojwang, arrêté pour « fausse publication », avait « subi des blessures à la tête après l’avoir frappé contre les murs de la cellule ».
Les policiers en service « ont rapidement constaté les blessures et l’ont transporté d’urgence à l’hôpital de Mbagathi, où il a été déclaré mort à son arrivée », poursuit ce texte, qui annonce une enquête de l’autorité indépendante de surveillance de la police.
« Nous exigeons des réponses. Cette mort ne peut pas être mise sous le tapis. Combien de vies de jeunes devrons-nous encore perdre dans ce système pourri ? », a réagi sur X Lynn Ngugi, une célèbre journaliste kenyane. Un sentiment se retrouvant dans de nombreux autres messages en ligne.
Les voix critiques sont de plus en plus sanctionnées au Kenya, près d’un an après un mouvement de contestation, durement réprimé, contre la corruption endémique et le projet de loi des finances de 2024 prévoyant des hausses d’impôts.
Les forces de sécurité sont accusées par des groupes de défense des droits humains d’avoir tué au moins 60 personnes lors des manifestations, surtout des jeunes adultes, et d’en avoir enlevé des dizaines d’autres depuis.
AFP/Sahutiafrica

