En Afrique du Sud, le Fonds mondial contre le sida a lancé une nouvelle méthode de prévention du VIH ce vendredi 28 septembre.
Il s’agit d’un anneau diffusant un médicament antirétroviral. « Nous sommes convaincus que ce nouvel anneau peut avoir un impact révolutionnaire sur la prévention du VIH (virus de l’immunodéficience humaine qui détruit les défenses immunitaires) », a expliqué Peter Sands, directeur exécutif du Fonds mondial contre le sida, dans un communiqué.
D’après lui, l’anneau constitue une alternative aux autres traitements préventifs, ou prophylaxie pré-exposition (PrEP), qui ont révolutionné la prévention contre le virus du sida ces dernières années.
Inspiré de ceux utilisés pour la contraception féminine, l’anneau vaginal, en silicone, diffuse progressivement un antirétroviral, la dapivirine, et doit être changé tous les mois.
Ces autres traitements impliquant de prendre une pilule par jour ou de recevoir une injection par mois, des méthodes qui ne conviennent pas nécessairement à toutes les personnes ciblées, expliquent les organisations de prévention sud-africaines.
« Les femmes ont besoin d’avoir accès à un éventail de solutions sûres et efficaces, dont l’anneau à la dapivirine, afin qu’elles puissent adopter celle qui leur convient le mieux », a souligné Ntombenhle Mkhize, présidente de la Fondation Sida d’Afrique du Sud.
De récents essais cliniques ont montré que l’anneau vaginal à la dapivirine, un dispositif qui a reçu l’agrément de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), permet de réduire de 35% le risque de séroconversion, passage de séronégatif à séropositif.
Ce dispositif a également été approuvé et soumis à des études de lancement dans plusieurs autres pays africains, parmi lesquels l’Ouganda, le Kenya et le Zimbabwe. « Nous espérons que de nombreux autres pays emboîteront le pas de l’Afrique du Sud », a ajouté Peter Sands du Fonds mondial.
En Afrique du Sud, trois organisations impliquées dans la lutte contre le sida ont commandé 16.000 anneaux qui devraient être disponibles dans les prochains mois, selon le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
En 2023, les femmes et adolescentes comptent pour 53% des infections dans le monde, selon l’ONUSIDA.
Mais plus de 5,4 millions, sur un total augmentant à 8,2 millions de personnes infectées, prennent des antirétroviraux, soit l’un des plus importants programmes de traitement du VIH au monde, qui a permis de réduire spectaculairement la mortalité. Le pays compte encore 13,7% de séropositifs, l’un des taux les plus élevés au monde.
Josaphat Mayi

