Le gouvernement malien a, dans un communiqué publié jeudi 6 octobre, annoncé avoir adopté le projet de loi sur la militarisation de la police.
Mais ce projet devra être validé par le Conseil national de transition (CNT), parlement de transition. Il s’agit d’une proposition abandonnée par les autorités en 1993.
Pour le gouvernement, cette militarisation permettra de déployer la police dans les zones reconquises par l’armée afin d’y assurer la sécurité des populations ainsi que de leurs biens, mais aussi empêcher le retour de la menace djihadiste.
« La militarisation est étendue à la protection civile, c’est-à-dire les sapeurs-pompiers pour permettre de couvrir l’arrière des forces engagées au combat », détaille le communiqué.
Pourtant, Bougouna Dembélé, président des syndicats autonomes de la police, cité par l’AFP, indique que « ce nouveau statut va aussi les priver du droit de grève, d’être syndiqués et de manifester ». « Le conseil des ministres met en avant que les policiers bénéficieront des mêmes avantages que les autres militaires », fait-il remarquer.
Au Mali, en proie à l’activisme de groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et l’Etat islamique (EI), la militarisation de la police a figuré sur la liste des recommandations des Assises nationales de refondation, censé construire une solution de sortie de crise dans le pays, tenue en décembre dernier.
Trésor Mutombo

