En Ouganda, l’opposant Kizza Besigye, ancien médecin personnel du président Musevenu, reste en prison après le refus d’un tribunal d’examiner sa libération sous caution le week-end.
Devant une salle d’audience comble, la magistrate Esther Nyadoi a insisté pour examiner les conclusions de l’accusation au lieu de statuer sur la libération sous caution des suspects, obligatoire après six mois placés en détention. En signe de protestation, les avocats et les sympathisants de M. Besigye et de son coaccusé, Obeid Lutale, ont quitté le tribunal.
L’opposant, 69 ans, est dans le collimateur du gouvernement de Kampala depuis son ralliement à l’opposition il y a 25 ans. Enlevé en novembre lors d’un déplacement au Kenya, il était réapparu en Ouganda. Il avait d’abord été traduit devant une cour martiale pour trahison, passible de la peine capitale.
Depuis février dernier, son dossier est transféré à un tribunal civil. Cette semaine, le Parlement ougandais a voté un amendement permettant à des tribunaux militaires de juger des civils. Une disposition que la Cour suprême a invalidée dans l’affaire Besigye, entraînant le transfert de son dossier au civil.
Si l’audience a été levée et sa détention a été prolongée au moins jusqu’à la prochaine comparution le 29 mai, la décision du tribunal met en difficulté l’un des principaux leaders de l’opposition de ce pays d’Afrique de l’Est, poursuivi pour trahison, un crime passible de la peine de mort.
Josaphat Mayi

