Quand ça brûle à l’Est, il ne faut pas faire la fête en RDC (Carnet de Christian Gombo)

Faire la fête, c’est souhaiter que les enfants d’autrui aillent à l’armée pendant que nos propres enfants étudient à l’étranger, profitant des ressources publiques. Ces enfants reviendront seulement quand nous serons vieux et fatigués, prêts à nous remplacer dans nos bureaux et maisons luxueuses, tandis que nos militaires ne gagnent même pas la moitié de ce que ces jeunes dépensent quotidiennement.

 

Faire la fête, c’est attendre son salaire, en particulier ceux des hauts fonctionnaires, alors qu’à l’Est, tant de gens manquent de tout. Les salaires exorbitants des responsables de l’État pourraient être utilisés pour renforcer notre armée. Faire la fête, c’est croire que la prière et des matchs de gala suffiront à gagner la guerre. Le roi David, préféré de Dieu, partait se battre avant d’écrire ses psaumes.

 

Quand ça brûle à l’Est, il ne faut pas faire la fête en RDC

 

Faire la fête, c’est voyager à travers le monde tout en sachant que nos ennemis sont proches de Goma. Pourquoi revenir maintenant ? Quand on sait qu’ils ne partiront pas ou qu’ils reviendront. Combien de morts faudra-t-il pour que le Parlement, la Primature, la Présidence, et même les Pasteurs renoncent à leurs salaires exorbitants pendant au moins un an ? Cet argent pourrait être utilisé pour acheter de véritables armes et motiver nos policiers et militaires afin de mettre fin à cette guerre une bonne fois pour toutes.

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Face à nous, la mauvaise foi est évidente. Comme Israël face à Gaza, ou l’Ukraine face à la Russie, nous avons aussi le droit de nous défendre, n’est-ce pas ?

 

Quand ça brûle à l’Est, il ne faut pas faire la fête en RDC

 

Faire la fête, c’est regarder la guerre de loin, vivre dans le confort aux dépens de l’État pendant que nos militaires meurent. Ce sont des pères, des mères, des frères, des sœurs, des amis. Chaque Congolais qui tombe est une raison de brûler toutes les églises. Chaque décès est une raison de se révolter et de dire « non ! » Un vrai « non » qui mérite d’être pris au sérieux.

 

Faire la fête, c’est écrire des messages de soutien au lieu d’agir. N’importe qui peut aujourd’hui rédiger une lettre de soutien. Pour une fois, aimons notre pays, tuons le tribalisme, la haine et la jalousie. Réunissons-nous, car si le pays tombe, les églises fermeront et personne ne travaillera, même dans l’État.

 

Quand ça brûle à l’Est, il ne faut pas faire la fête en RDC

 

Tant que nous restons silencieux, nous sommes tous complices. Tant que nous ne réclamons pas ce qui pourrait être donné à nos FARDC, alors que nous sommes prompts à nous réjouir lors du partage du pouvoir, nous faisons la fête. Qui parmi les pasteurs, les politiciens a le courage de l’amour ? Quel peuple a l’audace de l’unité nationale ? Aucun peuple ne gagne la guerre par la prière. Le peuple de Dieu, même en Israël, investit dans son armement pour dissuader ses ennemis. Ce ne sont pas des matchs amicaux qui nous feront gagner des batailles, mais l’action collective d’un peuple soucieux de son intégrité territoriale.

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Jusqu’à quand Kagame se moquera-t-il de nous ? Jusqu’à quand sa folie fera-t-elle de nous des pleurnichards et des impuissants ? C’est un homme, et ce n’est certainement pas un dieu.

 

Quand ça brûle à l’Est, il ne faut pas faire la fête en RDC.

 

Si nous ne cherchons que les postes importants, tout en étant sourds à la cause nationale, faisons-nous la fête ? Est-ce cela qui maudit notre pays ? Agissons ! Certains diront qu’il est facile d’agir, et ils n’ont pas tort : j’ai écrit. Mais même les écrits sont une arme. Chacun a son arme. Pour une fois, utilisons notre existence pour le bien de la nation : que chacun prenne son arme, où qu’il soit, sans se soucier des autres, car le salut ne viendra ni de l’Orient ni de l’Occident.

 

Ceux qui aiment savourer le gâteau du pouvoir et des privilèges ne veulent pas partager celui de la responsabilité : le fardeau de l’effort de guerre !

 

 

Christian Gombo, Ecrivain

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