Dans l’est de la RDC, les obsèques de l’artiste Delcat Idengo se sont déroulées sous tension mardi 25 mars à Beni, dans l’est de la RDC, devant une grande foule.
Une foule nombreuse, composée principalement de jeunes venus de différentes localités du Nord-Kivu, s’est rassemblée pour rendre un dernier hommage à l’artiste connu pour ses prises de position engagées. L’inhumation a entraîné une paralysie des activités socio-économiques à Beni, notamment au centre commercial de Matonge et sur le boulevard Nyamwisi.
Certaines écoles ont renvoyé leurs élèves chez eux par mesure de précaution. Cependant, les funérailles ont été endeuillées par des incidents. Une altercation a éclaté entre un convoi militaire et des jeunes présents sur place.
Selon Radio Okapi, les militaires ont tenté de se frayer un passage à travers la foule, ce qui a provoqué des tensions. Des projectiles auraient été lancés sur le convoi, entraînant une riposte des forces de l’ordre avec des tirs en l’air et l’utilisation de gaz lacrymogènes.
Des témoins rapportent que des tirs auraient atteint un jeune homme et une femme, qui seraient décédés sur place. Plusieurs blessés ont été évacués vers l’hôpital général de référence de Beni. Aucune déclaration officielle n’avait été faite concernant ces incidents jusqu’à mardi soir.
Le meurtre de Delcat Idengo est survenu au lendemain de la sortie d’une chanson révolutionnaire. Dans le clip vidéo, l’artiste se livre à une critique virulente du régime et du M23-AFC, qu’il qualifie « d’envahisseurs ». « Des libérateurs qui violent, tuent, volent et manquent d’amis », avait-il lâché dans sa chanson avant sa mort. Son assassinat avait suscité une vive émotion et de nombreuses réactions de condamnation.
À ce jour, aucune enquête sérieuse n’a été menée pour identifier les auteurs de cet assassinat, le gouvernement et les groupes rebelles se rejetant mutuellement la responsabilité.
Ephraïm Kafuti

