Alors que la force régionale de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) est pleinement déployée dans le Nord-Kivu, Est de la RDC, Kinshasa tente de dissiper le malentendu autour de son mandat.
La force régionale Est-Africaine a-t-elle un mandat offensif ou d’observateur ? Cette question anime les débats sur les réseaux sociaux en RDC. Surtout après que le président Museveni de l’Ouganda a précisé que les troupes ougandaises, déployées à Bunagana, ne viennent pas combattre les rebelles du M23, qualifié de mouvement terroriste par Kinshasa. C’était aussi l’annonce faite par la présidente tanzanienne.
Les rebelles du M23 se retirent progressivement de leurs positions. Toutefois, ils se sont convenus avec la force régionale de ne pas admettre l’armée congolaise dans les localités qu’ils ont cédées en attendant un dialogue avec le gouvernement congolais. Ce qui passe mal à Kinshasa qui refuse de dialogue avec ce groupe armé.
Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais, affirme qu’il n’est « aucunement question d’interdire aux FARDC de faire leur travail sur le territoire de la RDC ». « Ne vous laissez pas entraîner par des campagnes de manipulation qui circulent sur les réseaux sociaux », a-t-il dit devant un parterre de journalistes. Selon lui, l’échéance de la force régionale de l’EAC est de six mois. Le ministre Muyaya assure qu’il y a en ce moment précis « une évaluation qui est faite à un niveau le plus élevé ».
Pour lui, le M23 est la menace qu’il faut tacler le plus rapidement. « Je pense qu’avec le déploiement qui est en cours, nous allons voir ce que cela donnera. D’après les informations qui m’ont été transmises, il y a des mouvements qui font en terme de retrait maintenant, il faut voir comment cela va se consolider », attend-t-il.
Mais sur les réseaux sociaux, la question du mandat de cette force régionale fait polémique. Le mouvement Lucha conçoit mal dans un tweet le fait que Bunagana passe nuit sous le contrôle du M23 et de troupes ougandaises avec l’accord du président Tshisekedi sous le silence de l’inutile et budgétivore Assemblée nationale ».
« Alors qu’un groupe d’experts des Nations Unies a estimé juin 2022 que Rwanda et Ouganda ont servi de base-arrière au M23, comment comprendre que gouvernement congolais accepte la participation armée ougandaise dans la force régionale l’EAC ? », s’interroge le député Juvénal Monubo. Dans la foulée, il a adressé une question écrite à Jean-Pierre Bemba, ministre congolais de la Défense. Pour lui, « l’Assemblée nationale doit briser le silence ».
La résurgence du M23 a brouillé les relations, souvent agitées, entre la RDC et le Rwanda. Kigali et Kinshasa s’accusent mutuellement de soutenir les groupes rebelles, mais aussi de torpiller le processus de Luanda.
Trésor Mutombo

