La prolongation pour deux mois des opérations conjointes FARDC-UPDF contre les ADF, divise les habitants de la région de Beni. Si les uns s’y opposent. D’autres saluent cette démarche. Contacté par Sahutiafrica, certains habitants n’ont pas caché leur déception face à ce qu’ils qualifient d’échec des opérations « Shujaa », six mois après leur lancement.
« La paix au Congo ne viendra pas de Kampala, de la Belgique, même pas de New York. Nous sommes encore une fois déçus de voir notre pays accepté la prolongation des opérations Shujaa », regrette un commerçant au centre-ville de Beni.
Pour lui, si la RDC est réellement un Etat souverain, ce n’est pas à l’Ouganda de nous imposer la paix. « Ces opérations conjointes sont un échec », regrette un commerçant au centre-ville de Beni », lâche-t-il.
« Cette opération ? c’est vraiment du n’importe quoi. Rien n’a changé. Nos maris et enfants sont tués chaque jour aux yeux de ses Ougandais et même nos FARDC. Rien ne va. Et en plus, on vient de nous mettre sous état de siège, à quoi servent tout cela ? », s’interroge Beatrice Kahindo, vendeuse au marché de Kilokwa à Beni.
Le choix de l’Ouganda comme partenaire de la RDC dans la traque des rebelles d’Allied Democratic Forces, serait également considéré comme un problème par une certaine opinion.
« Nous avons neuf pays limitrophes. Ces pays ne peuvent pas refuser une collaboration avec nous. Pourquoi nous acceptons de collaborer avec des pays considérés comme agresseurs de la RDC ? », s’exclame un jeune étudiant à Beni.
Pour sa part, la coordination de la société civile du secteur de Ruwenzori, encourage plutôt la prolongation des opérations conjointes FARDC-UPDF. Toutefois, son Président Ricardo Rupande, estime que les deux mois de prolongation ne sont pas suffisants. Il propose le lancement des « opérations de grande envergure et d’échange d’expériences » entre les deux armées, afin d’espérer aux résultats escomptés.
Mercredi 1er juin, les opérations de mutualisation d’efforts entre les FARDC-UPDF contre les ADF à Beni, au Nord-Kivu et dans une partie de la province de l’Ituri, ont été prolongées de deux mois.
Depuis Goma, Reagan Kimbale

