Retrait de la Monusco au Nord-Kivu : Kinshasa ne veut pas précipiter les choses

Alors que les Casques bleus se sont retirés du Sud-Kivu, le gouvernement congolais n’entend pas précipiter le retrait de la Monusco au Nord-Kivu, en proie à l’insécurité et à l’activisme de groupes armés.

 

A quand le retrait au Nord-Kivu ? « Nous voulons un retrait responsable, durable et ordonné de la Monusco », a déclaré Thérèse Kayikwamba, cheffe de la diplomatie congolaise, lors d’un briefing avec la presse. Elle affirme qu’ils vont prendre en compte « les évolutions sur le terrain pour prendre les décisions responsables et d’amorcer ce processus lorsque les conditions les plus propices seront réunies ».

 

Pour la ministre des Affaires étrangères, la présence de la Monusco au Nord-Kivu est encore importante pour Kinshasa. « La Monusco fournit et va fournir l’appui à la SAMIDRC, la mission venue de la SADC pour nous accompagner et donner une réponse plus robuste à l’agression rwandaise dépend aussi partiellement d’un appui logistique de la Monusco. Nous ne voulons pas précipiter les choses », a dit la ministre Kayikwamba. Est-ce la crainte d’un vide sécuritaire dans cette région ?

 

Au Conseil de sécurité des Nations unies, Nicolas de Rivière, représentant de la France, a aussi évoqué l’aspect de l’importance de la Monusco dans cette région, instable depuis près de trois décennies. D’après le diplomate français, les conditions qui ont permis le retrait de la Monusco au Sud-Kivu ne sont pas encore réunies au Nord-Kivu et en Ituri.

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En fait, les deux provinces sont confrontées à l’activisme de groupes armés locaux et étrangers. Notamment, le Nord-Kivu, théâtre d’affrontements entre l’armée et la rébellion du M23, soutenue par le Rwanda. Ces rebelles occupent des localités dans les territoires de Rutshuru, Masisi et de Nyiragongo. Une situation qui a poussé des milliers de personnes à fuir leurs habitations, craignant pour leur sécurité.

 

Mais dans cette région, la Monusco a souvent essuyé de vives critiques. Sa force est jugée inefficace et de n’avoir pas pu endiguer l’insécurité. « La Monusco est très critiquée pour son bilan négatif. Lorsqu’on demande à ce qu’elle puisse continuer à rester au Nord-Kivu, cela ne rejoint pas l’assentiment de la population locale. Il faudra que le gouvernement puisse accélérer ce retrait. Il n’y a pas longtemps à Butembo, la population avait bloqué le passage aux véhicules de casques bleus de la Monusco », estime Edgar Mateso, enseignant et chercheur en philosophie politique.

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Selon lui, le gouvernement doit être responsable. « On ne doit pas continuellement gérer le pays comme un malade sous perfusion, de sorte que si on l’arrache, le malade pourrait mourir. Il faudra qu’on apprenne aux forces armées de gérer elles-mêmes la situation et de contenir toutes velléités », pense M. Mateso.

 

Après plus de 20 ans depuis leur premier déploiement, les soldats onusiens ont définitivement quitté le Sud-Kivu. C’était après la cérémonie de la fermeture du bureau des opérations de la Monusco à Bukavu, présidée par Judith Suminwa Tuluka, Première ministre congolaise.

 

En fait, c’est dans le cadre du processus du désengagement de cette mission, déclenché à la suite de la décision du Conseil de sécurité après des discussions avec le gouvernement en décembre dernier. Depuis, plusieurs bases de la Monusco ont fermé, parmi lesquelles celles de Kamanyola, Bunyakiri, Amsar, Baraka, Kavumu.

 

Trésor Mutombo

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