Au Soudan, où des paramilitaires des Forces de soutien rapide poursuivent une campagne d’attaques à longue distance plus de deux ans après le début de leur guerre contre l’armée soudanaise, des attaques de drones ont coupé l’électricité à Khartoum et dans l’État environnant, ont annoncé les autorités ce jeudi 15 mai.
Dans un communiqué, la compagnie d’électricité soudanaise explique que des drones ont frappé l’État de Khartoum mercredi soir. Le personnel s’efforçait d’éteindre de vastes incendies, d’évaluer et de réparer les dégâts. Les frappes de drones des RSF sur Port Soudan, la capitale de l’armée en temps de guerre , et sur d’autres régions ont plongé la majeure partie du pays dans des pannes d’électricité prolongées.
Au Soudan, la guerre, déclenchée par un conflit autour d’une transition vers un régime civil, a plongé la moitié de la population dans une famine aiguë , selon les Nations Unies. Pour l’heure, la guerre entre les deux forces a dévasté le pays, chassé plus de 13 millions de personnes de leurs foyers et propagé la famine et la maladie. Des dizaines de milliers de personnes ont péri dans les combats. Les affrontements ont également déplacé des milliers de personnes sur la ligne de front la plus active de la guerre, dans l’État du Kordofan occidental.
Jusque-là, les RSF, qui ont été largement chassées du centre du Soudan ces derniers mois, ont changé de tactique, passant des attaques terrestres aux attaques de drones contre des centrales électriques, des barrages et d’autres infrastructures dans les territoires contrôlés par l’armée. Elles ont également affecté les réserves d’eau, aggravant les difficultés et augmentant le risque de propagation du choléra et d’autres maladies.
D’après des sources militaires, les combats terrestres se poursuivent dans le sud d’Omdurman. Il s’agit d’une partie de Khartoum, où l’armée attaque des poches de combattants des RSF. Pour l’heure, l’armée tente de sécuriser les zones clés de production de pétrole et de progresser dans le territoire des RSF dans la région du Darfour. C’est là où l’armée tente de briser le siège de la ville d’al-Fashir, son dernier bastion dans cette région.
Josaphat Mayi

