Comment relancer le secteur culturel en Afrique et en RDC après la pandémie du coronavirus? La pandémie affecte le secteur culturel déjà fragile. Ribio Nzeza Bunketi Buse, docteur en communication sociale et professeur des universités, affirme que le secteur politique peut jouer un rôle déterminant pour développer le secteur culturel et créatif. Son livre « Culture au futur. Perspectives pour le développement du secteur culturel et créatif congolais » propose les pistes pour relancer le secteur culturel congolais après la crise sanitaire. L’auteur parle d’une nouvelle dynamique, celle de quitter à la célébration de la culture africaine pour sa valorisation.
« Je pense qu’il n’est pas intéressant de rester tout simplement dans un contexte de plaintes. Il faut voir plus loin puisque la pandémie n’est pas éternelle. Elle passera. Quand elle passera, qu’est-ce qu’on va faire? Qu’est-ce qu’on devrait faire pour que le secteur culturel se développe », questionne le professeur Ribio Nzeza.
« Dans l’étude de juin 2020, j’avais proposé le Programme Multisectoriel de Relance de la Culturelle de la Création COVID-19 (PRCC19). Là, il y a deux types d’actions: à court terme et à moyen terme. Les actions à court terme, c’est d’apporter un appui financièrement aux acteurs qui sont dans le secteur le plus touché. Les secteurs les plus touchés ont été classifiés dans l’étude. Nous avons en premier lieu le spectacle vivant parce que c’est l’interaction avec le public. C’est le rassemblement. Pourtant, les rassemblements sont interdits pour limiter la propagation du coronavirus. Ceux qui vivent directement ou indirectement de cela en ont subi le coup », a-t-il expliqué.
Pour la diplomatie numérique
D’après le chercheur congolais, spécialiste des questions de musique, plusieurs actions peuvent être menées pour développer l’industrie culturelle en RDC. Il s’agit de “la création de claustres créatifs ou des zones économiques spéciales”. Dans ces zones, les conditions pour investir seront allégées au niveau fiscal. Le professeur Ribio Nzeza indique que la culture apporte beaucoup. Mais ces bénéfices ne sont pas souvent mis en avant dans un processus de développement.
Dans le contexte congolais où l’appui financier de l’État ou des partenaires institutionnels tend à diminuer, il faudrait mettre en place et promouvoir une diplomatie numérique. Ainsi, un dialogue pourra s’établir avec tous les géants du numérique pour créer des conditions favorables pour permettre aux producteurs de contenus de gagner de l’argent.

« Je le décris à travers l’analyse pestel. La dimension politique joue un rôle important. Si des lois sont votées, elles permettront de créer un cadre ou un environnement favorable au développement du secteur culturel et créatif. Les lois doivent être accompagnées des politiques, des plans d’actions et des stratégies pour favoriser la collaboration entre le secteur public, privé et associatif. Je pense qu’il y a plus de chance que le secteur culturel se développe grâce à un appui politique », fait remarquer le prof Ribio Nzeza.
En juin 2020, l’étude menée par le chercheur Ribio Nzeza, a révélé que le secteur culturel et créatif était le plus touché par le COVID-19. « L’UNESCO a fait un croisement intéressant entre les Objectifs de Développement Durable (ODD) et la culture. Ils ont produit un document qu’ils appellent indicateurs culturelles 2030 qui indique que la culture a la possibilité de pouvoir accompagnée la réalisation des ODD », a-t-il dit.
Trésor Mutombo

