Associés à des combattants présumés russes, les soldats maliens ont exécuté en près de 300 civils, dont ils soupçonnent certains d’être des djihadistes, dans une localité du centre du pays. C’est ce qu’a dénoncé Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié mardi 5 avril. Selon ce rapport, des civils ont été forcés de creuser des fosses communes avant d’être exécutés.
« La grande majorité des hommes, exécutés aussi bien par des soldats maliens que blancs, étaient Peuls, un groupe dans lequel les djihadistes ont largement recruté », rapporte HRW.
« Le gouvernement malien doit de façon urgente et impartiale ouvrir une enquête sur ces meurtres de masse, y compris sur le rôle de soldats étrangers. Tuer délibérément ou maltraiter un individu en détention est un crime de guerre. Certaines dépouilles ont été brûlées au point d’être méconnaissables », a indiqué Corinne Dufka, directrice pour le Sahel à HRW citée par l’AFP.
Pourtant, l’état-major malien a, dans un communiqué publié mardi soir, rejeté des allégations infondées visant ternir l’image des forces armées. L’armée malienne précise que ses troupes ont attaqué un regroupement de terroristes auxquels l’ont opposé de violents combats.
Une fois le contrôle de Moura assuré, les soldats ont opéré un tri et identifié les terroristes dissimulés dans la population, dit-elle. Sans faire référence spécifiquement à HRW, l’état-major malien insistent que « le respect des droits était une priorité dans la conduite des opérations et appelle à la retenue contre les spéculations diffamatoires ».
L’armée malienne est au centre d’une polémique qui prend de l’ampleur. Le vendredi dernier, elle a annoncé avoir tué près de 203 combattants de groupes armés terroristes lors d’une opération dans une zone sahélienne menée du 23 au 31 mars. Mais Paris, Washington et les Nations Unies soupçonnent les soldats maliens et les mercenaires russes d’être auteurs de possibles exactions.
Mervedie Mikanu

