Le conflit tribal dans l’Etat soudanais du Nil Bleu, à la frontière avec l’Ethiopie, a fait 13 morts en quatre jours, selon un nouveau bilan publié par l’ONU ce lundi 17 octobre.
Ces affrontements la semaine dernière à Wad al-Mahi entre membres de la tribu des Haoussas et de tribus rivales, dont celle des Hamaj, ont également fait 24 blessés.
« Alors que 1.200 personnes ont été déplacées par le conflit et ont trouvé refuge dans des écoles », a noté l’ONU, tout en indiquant que la situation reste tendue et imprévisible.
« Les violences sont toujours en cours », a confirmé Mohammed Noureddine, chef tribal Haoussa.
Il avait assuré à l’AFP que les violences avaient éclaté à cause du « meurtre d’un fermier Haoussa ».
L’ONU, de son côté, affirme que c’est « le meurtre de deux Hamaj en raison d’une dispute pour des terres ».
La question de l’accès à la terre est très sensible au Soudan, l’un des pays les plus pauvres au monde, où l’agriculture et l’élevage représentent 43% des emplois et 30% du PIB.
La coutume ancestrale interdit aux Haoussa, arrivés les derniers dans le Nil Bleu, de posséder la terre, ce qu’ils contestent.
Avant que ce nouveau conflit n’éclate, des affrontements entre l’ethnie africaine Haoussa et des tribus rivales avaient déjà fait depuis juillet 149 morts, des centaines de blessés et 64.800 déplacés, selon l’ONU.
Les conflits tribaux connaissent une recrudescence au Soudan du fait, disent les experts, du vide sécuritaire créé par le putsch du 25 octobre 2021 à Khartoum.
Entre janvier et août, ils ont fait plus de 370 morts et 177.000 déplacés, selon l’ONU. Le week-end dernier, cinq personnes ont été tuées dans des heurts au Kordofan-ouest dans le sud du Soudan.
La Rédaction

