En séjour officiel à Ouagadougou, capitale burkinabè, Choguel Kokalla Maïga, Premier ministre malien, a exhorté le Burkina Faso à ne compter sur aucune armée étrangère pour combattre les groupes djihadistes qui frappent leurs deux pays.
Jeudi 23 février, M. Maïga a été accueilli par son homologue burkinabè, Apollinaire Kyélem de Tambela. « Aucune armée étrangère ne viendra combattre à notre place. Nous sommes sûrs que le terrorisme sera vaincu au Sahel. Nous allons gagner la guerre avec nos armées », a-t-il déclaré.
Il appelle le peuple burkinabè à soutenir son armée. « Ce qui vous arrive aujourd’hui, il faut tenir bon. C’est pour vous démoraliser, c’est pour que vous doutiez de votre armée. Personne ne viendra vous défendre à la place de votre armée. C’est en ce moment que le peuple burkinabè doit rester debout, uni et soutenir son armée et son président », a-t-il ajouté.
Le chef du gouvernement malien est également revenu sur l’expérience de son pays. « Cette étape, nous l’avons traversée. A un moment au Mali, tous les jours, c’était des villages qui étaient rasés, des dizaines de morts par jour, des camps étaient attaqués. Nous savions très bien pourquoi cela se faisait. Les Maliens ont tenu bon et je vous dis de tenir bon. Les Burkinabè doivent faire de même », a-t-il indiqué.
M. Maïga, qui séjourne au Burkina jusqu’à dimanche à la tête d’une délégation de plusieurs ministres, doit assister samedi à la cérémonie d’ouverture du Festival panafricain du cinéma et de la télévision (Fespaco), dont le Mali est le pays invité d’honneur.
Le Burkina Faso, théâtre de deux coups d’Etat militaires en 2022, est pris depuis 2015 dans une spirale de violences djihadistes apparues au Mali et au Niger quelques années auparavant et qui s’est étendue au-delà de leurs frontières.
Au total, depuis 2015, les violences ont fait plus de 10.000 morts (civils et militaires) selon des ONG, et quelque deux millions de déplacés internes.
Ali Maliki

